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14èm conclave confédération industrie indienne-Exim Bank sur le partenariat Inde Afrique : discours du PM guinéen

Monsieur le Vice-Président du Ghana,

Monsieur le Vice-Président du Lesotho,

Monsieur le Ministre du Commerce de l’Inde,

 Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur les Directeurs d’Exim Bank of India et de la Confédération de l’industrie indienne,

Mesdames et messieurs les représentants d’entités étatiques,

Mesdames et messieurs les représentants d’entreprises,

Distingués invités,

Chers participants,

Il me plait tout d’abord de remercier les organisateurs de cet événement d’une grande importance pour les relations économiques entre l’Inde et l’Afrique, la Confédération de l’industrie indienne (CII) et Exim Bank of India, qui, depuis des années, œuvrent sans relâche au renforcement des liens économiques entre le sous-continent indien et le continent africain.

Je voudrais transmettre aux plus hautes autorités indiennes les plus sincères salutations et remerciements du Président de la République de la Guinée, le Président Alpha CONDE. Il m’a chargé de porter à la connaissance du Président de la République indienne, Son Excellence M. KOVIND, et au Premier ministre, Son Excellence M. MODI, qu’il se réjouit personnellement de la place privilégiée accordée actuellement à l’Afrique par le Gouvernement indien dans sa diplomatie économique, avec la perspective de l’ouverture de dix-huit (18) nouvelles ambassades en Afrique, dont la Guinée.

 

Mesdames et Messieurs,

Chers invités,

L’Inde et l’Afrique partagent, nous le savons une tradition séculaire de coopération. Nos deux blocs commercent ensemble depuis très longtemps.

C’est ainsi qu’une importante diaspora indienne s’est établie dans des pays comme l’Afrique du Sud, le Kenya, l’Uganda ou encore la Tanzanie. Aujourd’hui encore, cette diaspora joue un rôle majeur dans les systèmes économiques africains.

La puissance émergente indienne, avec un taux de croissance projetée de plus de 7% pour cette année, est le troisième partenaire économique de l’Afrique, selon The Economist, avec des volumes de transactions économiques de près de 60 milliards de dollars américains, contre seulement 12 milliards en 2006. Selon les estimations, les flux entre nos deux blocs continentaux devraient atteindre les 100 milliards de dollars à l’horizon 2020.

Sous le leadership du Premier ministre Narendra Modi, l’Afrique se réjouit de ce qu’on pourrait qualifier de nouvelle ère d’impulsion du partenariat indien avec le continent africain. Le Forum Inde-Afrique, le Corridor de Croissance Asie Afrique (Asia Africa Growth Corridor) ou encore l’India Technical and Economic Cooperation (ITEC) sont des témoignages éloquents de la place privilégiée réservée à l’Afrique dans la politique internationale indienne. Nous nous en réjouissons.

Il y a lieu de saluer ici le dynamisme du secteur privé indien qui, à travers les actions de la Confédération de l’industrie indienne, est parvenu à bâtir et consolider des relations économiques solides et mutuellement avantageuses avec le continent.

Nous notons qu’à ce jour, les lignes de crédits concessionnels accordées par l’Inde à l’Afrique, via EximBank of India, dépassent les 10 milliards de dollars. L’Inde apporte ainsi son appui à travers 150 projets, à 45 pays africains. Nous apprécions par ailleurs les initiatives de renforcement de capacités des institutions et des ressources humaines africaines, telles que le Pan-African e-network. Sur les cinq dernières années, plus de 25 000 africains ont pu bénéficier de bourses pour venir se former ou se perfectionner ici en Inde.

Ces efforts doivent être salués et encouragés. L’inde et l’Afrique sont aujourd’hui des pôles essentiels du dynamisme économique mondial. Le partenariat entre nos deux blocs géographiques, où vivent deux milliards et demi de consommateurs, est la pierre angulaire de l’impulsion d’une forte croissance et la construction d’un monde meilleur.

 

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

Pour l’Inde, comme pour d’autres partenaires économiques, l’Afrique est à présent une terre d’opportunités économiques. Le continent a enregistré des mutations politiques positives et de nombreux « success stories », économiques. La Banque africaine de développement relève que la gouvernance économique s’est significativement améliorée sur l’ensemble du continent.

Non seulement les Africains sont mieux éduqués, mais ils sont également de moins en moins pauvres. Selon la Banque mondiale, seuls 35% des Africains vivent actuellement avec moins de 1,90 dollars par jour, contre plus de 56% au début des années 1990. Les populations africaines, jeunes et connectées, offrent aux entreprises indiennes un débouché lucratif pour leurs productions compétitives et de qualité.

Le climat des affaires s’est considérablement amélioré. L’Etat de droit et la stabilité politique enregistrent une progression fulgurante. Le Center for Systemic Peace note que la performance de l’Afrique s’est très significativement améliorée, passant de 55 à 30, dans son classement sur les risques de conflits.

Cette amélioration du climat des affaires s’inscrit dans un contexte global de dynamisme des économies africaines. Six (6) des dix (10) économies le plus performantes au monde sont aujourd’hui africaines. Pour reprendre l’expression du magazine The Economist, l’Afrique est une terre d’opportunités avec  1,2 milliard d’habitants.

Par ailleurs, les maladies qui ont, longtemps, caractérisé l’image de l’Afrique et affecté l’espérance de vie et la productivité, sont en net recul.

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

La conception d’un partenariat pour un monde meilleur suppose de relever les défis qui se posent à l’Afrique. Le leadership politique africain, à travers une vision panafricaine du développement, a fixé la cap des priorités. Adopté à l’occasion du Jubilé d’Or de l’Union africaine en 2013, l’Agenda 2063, qui vise une transformation structurelle du continent africain, est l’expression même de notre volonté commune de relever les défis et de prendre notre destin en mains.

Le premier de ces défis concerne l’agriculture, dont le décollage est indispensable pour garantir la sécurité alimentaire et promouvoir une transformation économique des systèmes productifs africains.

Comme ici en Inde, la très large majorité des populations africaines vivent en milieu rural. Le secteur agricole occupe plus de 60% de la population active africaine. Mais la valeur ajoutée de l’agriculture stagne autour de 25% du Produit intérieur brut (PIB).

La dépendance du continent aux importations de produits alimentaires est forte, avec un déficit de la balance commerciale agricole d’environ 35 milliards de dollars. Selon les données de la FAO, plus de 232 millions d’africains sont encore en situation de sous-alimentation.

L’expérience indienne, avec la révolution verte, serait plus que nécessaire à repiquer en Afrique pour répondre au défi agricole, tout en optimisant le potentiel du continent. Il est utile de rappeler que 60% des terres arables non encore exploitées dans le monde, soit plus de 200 millions d’hectares, sont situées en Afrique. Les opportunités d’affaires dans l’agro-business sont estimées à 100 milliards de dollars par an à l’horizon 2025.

Ici même en Asie, plus de 400 millions de personnes ont été sorties de la pauvreté en l’espace d’une décennie grâce à un investissement massif dans l’agriculture. La Banque africaine de développement estime entre 315 et 400 milliards de dollars le niveau des investissements requis sur les dix prochaines années pour pouvoir impacter significativement la vie de nos populations. Soit un niveau d’investissement annuel compris entre 32 et 40 milliards USD.

Pour nous, pouvoir publics africains, l’Inde, avec sa grande expérience dans ce domaine, est le partenaire privilégié pour faire émerger, avec l’Afrique, un monde meilleur, où la pauvreté serait considérablement réduite et l’extrême pauvreté exclue des réalités mondiales.

Mesdames et Messieurs,

Chers invités,

Un autre grand axe de partenariat concerne les infrastructures. Les besoins infrastructurels de l’Afrique portent sur une variété de secteurs économiques. Les plus importants sont l’énergie, les routes, les technologies de l’information et de la communication et la gestion des ressources en eau.

Pour les économies en développement comme pour les nations avancées la disponibilité, et la qualité des infrastructures sont fondamentales au fonctionnement de l’économie. Les besoins de l’Afrique sont estimés à environ 100 milliards de dollars, alors même que les financements actuellement mobilisés atteignent à peine la moitié de ce montant.

Les avantages comparatifs du secteur privé indien sur cette question des infrastructures sont aujourd’hui de notoriété publique. Au titre des besoins en infrastructures, la priorité des priorités reste le secteur de l’énergie. L’Afrique a le plus faible niveau d’électrification au monde, avec seulement un tiers de sa population ayant un accès régulier à l’électricité. L’Espagne, à elle seule, produit plus d’électricité que toute l’Afrique subsaharienne réunie, en excluant l’Afrique du Sud.

Les Gouvernements africains sont résolument engagés à amplifier la diversification encore timide des politiques énergétiques. La montée en puissance des énergies renouvelables, en particulier du solaire, ne peut être qu’encouragée. L’Afrique entend s’appuyer sur l’expertise robuste de l’Inde sur les énergies renouvelables, notamment dans le cadre de l’Alliance solaire internationale (ASI).

Nous souhaitons que les ruralités africaines ressemblent aux 597,464 villages indiens, qui ont depuis l’année dernière accès à un réseau électrique de proximité. Notre ambition est de voir en Afrique une émulation entre vos agglomérations rurales et le petit village de Narotoli, dans l’Etat indien du Jharkhand, où l’installation de « mini-grids » est devenu un vecteur puissant de développement rural.

Pour ce qui concerne spécifiquement la Guinée, cette dimension du partenariat avec l’Inde nous intéresse particulièrement. Aujourd’hui, moins d’un tiers des Guinéens ont un accès régulier à l’électricité, en dépit des efforts considérables que nous consentons à ce secteur.

Depuis 2010, en effet, ce sont plus de 3 milliards de dollars qui ont été investis dans l’augmentation des capacités énergétiques de notre pays. Cet investissement permettrait de passer d’une production de 275 mégawatts avant 2010 à plus de 1000 mégawatts en 2020. Le programme énergétique du Président de la République, le Pr. Alpha Condé, qui est par ailleurs Président de l’Initiative Africaine des Energies Renouvelables est d’accélérer l’augmentation de capacité par le biais d’un mix énergétique induisant l’Energie solaire. La Guinée est disposée à cet effet à coopérer avec l’Inde qui a des atouts considérables.

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

Le véritable défi à relever est celui de l’inclusion économique et sociale. La Guinée, mon pays, a acquis une conscience aigüe de cette exigence. Nous venons de créer une Agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES), pour favoriser la mise en place de mécanismes adéquats de partage de la prospérité économique.

Dans le contexte du dynamisme des économies africaines, une telle orientation est devenue un impératif politique, économique et social. La plupart des pays africains ne consacrent qu’environ 2,5% de leur PIB aux programmes d’inclusion économique et sociale.

Nous regardons avec beaucoup d’intérêt la politique publique indienne sur ce sujet. L’Inde, comme vous le savez, a créé la plus grande base de données biométriques au monde, l’Aadhaar, destinée originellement à la mise en œuvre d’une politique d’inclusion en faveur des populations les plus démunies.

La délégation guinéenne est désireuse d’initier un partenariat avec la « Unique Identification Authority of India », pour nous aider à mieux fixer les contours de notre politique de partage de la prospérité.

Mesdames et Messieurs,

Si nous souhaitons voir se concrétiser la promesse d’un monde meilleur, l’Inde et l’Afrique doivent agir, main dans la main, afin de favoriser l’inclusion économique et sociale.

Nous savons le rôle majeur joué par le secteur privé indien, le secteur financier en particulier, et celui des organisations non gouvernementales, dans le déploiement de la politique d’inclusion indienne.

L’Afrique de manière générale, la Guinée en particulier, serait honorée de pouvoir compter sur l’ensemble des parties prenantes indiennes pour accompagner les efforts croissants de notre continent dans la lutte déterminée contre l’extrême pauvreté.

Mesdames et Messieurs,

Chers invités,

Les pistes que je viens d’esquisser n’entendent pas donner un contour exhaustif des partenariats, actuels ou envisageables, entre l’Inde et l’Afrique.

Les secteurs de l’éducation et de la santé sont tout aussi essentiels pour nos deux ensembles économiques. D’ailleurs, la présence des acteurs indiens dans ces deux secteurs est d’ores et déjà très remarquée en Afrique, notamment à travers le dialogue fructueux entre l’Inde et la Banque africaine de développement. Aussi, le Pan-African e-Network permet-il depuis 2009 de renforcer les transferts de savoir et de technologie entre l’Inde et l’Afrique, à travers les avancées de la télémédecine et de la télé-éducation. Je tiens à souligner l’appui inestimable d’Exim Bank of India au développement des partenariats publics et privés en Afrique.

Je souhaite terminer mon propos en réaffirmant à nos partenaires publics et privés indiens la disponibilité de la Guinée et du continent africain pour construire avec l’Inde un partenariat solide, durable et mutuellement avantageux, dont nos populations respectives seront les bénéficiaires.

Le monde sera meilleur lorsque les inégalités seront réduites et que nous, gouvernants, seront capables d’assurer le bonheur pour chacun et de partager la prospérité, plutôt que de considérer la pauvreté comme une fatalité. C’est le rêve que nous partageons tous ici, et que nous réaliserons ensemble aussi.

 

Je vous remercie.

 

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