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Après 2 ans de détention, Abdourahamane Bakayoko demande pardon

Après deux ans de prison pour viol, Abdourahamane Bakayoko, leader du parti Les démocrates, a été entendu ce vendredi 22 février, par la Cour d’Appel de Conakry. Le prévenu a dans un speech émouvant, demandé pardon à touts ceux qu’il a attaqué dans les médias. Il a aussi clamé son innocence, pour le viol dont on l’accuse. Selon nos confrères de Guineematin, l’accusé dit avoir beaucoup prié pendant ses deux ans de détention.

« Monsieur le président, je suis en prison pour un crime que je n’ai pas commis. Mais, dans tous les pays du monde, même ceux où le droit de l’Homme est respecté au plus haut point : La France, l’Allemagne, l’Angleterre, le Canada, les Etats-Unis, …si les tribunaux ne faisaient jamais d’erreurs, les Cours d’Appel n’allaient pas exister. C’est donc quelque chose qui arrive partout et cela m’empêche d’être frustré contre qui que ce soit.

Il y a beaucoup de choses qui prouvent que cette accusation est fausse. J’habitais une concession de deux grands immeubles de plusieurs dizaines d’appartements, logés par plus de 200 personnes. C’est donc une foule qui serait alertée si le moindre acte criminel se commettait à cet endroit. Même si quelqu’un élève le volume de sa télévision, ses voisins immédiats vont se plaindre. A l’époque, je n’avais même pas de temps pour les femmes, tellement préoccupé à attaquer des hauts cadres 100.000 fois plus puissants que moi. Le fait qu’on m’a obligé à rédiger un engagement signé par plusieurs personnes à ne pas poursuivre en justice les plaignants, prouve à suffisance que c’est plutôt moi la victime.

Comme je l’ai dit pendant les débats, et en répondant à vos questions, cette affaire a été planifiée par des hommes qui voulaient ma mort, parce que je les attaquais naïvement dans les médias. A l’époque, j’échappai souvent à des lynchages par des foules furieuses. Je risquai d’être assassiné à tout moment. Chaque seconde qui passait pouvait être ma dernière. Ce sont donc sans doute ceux qui essayaient de me lyncher qui ont monté cette affaire de toute pièce.
C’est pourquoi, je ne suis pas fâché d’avoir été mis en prison pour un crime que je n’ai pas commis. D’ailleurs, je suis plutôt content. Je suis content d’avoir eu un malheur qui m’a évité le pire. Si je n’avais pas été en prison à ce moment précis, j’allais être assassiné les semaines ou jours suivants. Je suis donc content d’être mis en prison jusqu’à changer mon comportement suicidaire et naïf.

Ces deux années 2017 et 2018 ont été dures, pénibles, longues et interminables pour moi. Mais, j’en ai tiré profit, malgré ma souffrance extrême. J’ai eu le temps de prier comme jamais. J’ai appris beaucoup de sagesses. J’ai appris à être prudent. J’ai appris à pardonner et je pardonne à tous ceux qui ont tenté de détruire ma vie.

Et, pour tout ce que j’ai dit ou écrit de déplacé, je présente mes sincères excuses aux présidents : Ahmed Sékou Touré, Lansana Conté, Moussa Dadis Camara, Sékouba Konaté ; à l’actuel président de la République, professeur Alpha Condé ; au président de l’UFDG, Elhadj Cellou Dalein Diallo, à Hadja Halimatou Dalein Diallo, à tous les ministres, à tous les opposants, à mon juge d’instruction, Sékouba Condé ; à tous les magistrats guinéens, à tous les avocats, à tout le département de la justice, à tout le peuple de Guinée… Je suis votre fils. Je vous demande pardon. Veuillez accepter mes excuses, à cause de vos enfants.

Les adversaires d’hier peuvent être les alliés d’aujourd’hui. Le premier ministre Kassory Fofana, Mouctar Diallo, Aboubacar Sylla, qui critiquaient le président Alpha Condé hier, travaillent avec lui aujourd’hui. Ce qui m’empêche de me suicider en prison, c’est surtout que je ne veux pas mourir avant de demander pardon à toutes les personnes que j’ai naïvement attaquées dans les médias.

La prison m’a permis de changer mon comportement naïf qui a fait brûler nombreux de mes objets de valeur à hauteur de plusieurs milliards de francs guinéens par des foules furieuses. Si seulement, vous saviez à quel point ma maman adorée, âgée de plus de 90 ans, que j’aime plus que tout au monde, souffre depuis qu’elle a appris que je suis en prison.

Ma première nuit en prison, j’ai fait un rêve qui a transformé ma vie. Dans mon rêve, ma fiancée m’a dit : Abdourahmane, tu es le seul homme au monde que j’aime. Mais, je refuse de me marier avec toi… Je lui demande pourquoi ? Elle me répond, parce qu’elle ne veut pas élever nos enfants toute seule, pendant que moi je défile en prison. Quelques jours après, elle m’a dit la même chose. Je lui ai promis, comme j’ai promis à ma maman adorée, que je ne mettrai plus jamais en danger ma vie… « , s’est repentit Abdourahmane Bakayoko.

Condamné à 5 ans de de réclusion criminelle pour viol, l’ancien journaliste clame toujours son innocence.

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