mercredi 14 novembre 2018
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Guinée: journée ville-morte suivie à Conakry dans les bastions de l’opposition

Ce lundi 15 octobre est une journée ville morte à Conakry, la capitale guinéenne. Huit mois après des élections contestées, l’opposition dénonce de la corruption dans la mise en place des conseils municipaux dans les communes.

L’appel a été entendu. La route que l’on surnomme « l’Axe », qui traverse les principaux quartiers réputés favorables à l’opposition à Conakry, la capitale guinéenne, est complètement bloquée. Depuis tôt le matin, des pierres et des pneus brûlés bloquent le passage. Les jeunes militants qui ont installé ces barricades ont fait face aux forces de l’ordre toute la journée et aucune voiture ne passe.

Comme il s’agit de l’un des principaux axes de Conakry, la circulation sur les autres routes est quasiment à l’arrêt à cause des embouteillages. Et il y a moins de monde que d’habitude en centre-ville.

« La situation dans le quartier est très critique, explique un habitant du quartier. Des pneus sont brûlés le long de la route. Des enfants jettent des cailloux en face des forces de l’ordre. La gendarmerie et la police sont stationnées à des endroits stratégiques et les forces de l’ordre sont en train de riposter à coups de gaz lacrymogène ».

Des pneus sont brûlés le long de la route. Des enfants jettent des cailloux en face des forces de l’ordre.
Guinée: journée «ville morte» à l’appel de l’opposition à Conakry

La tension est montée d’un cran avec l’arrivée de militaires. Selon plusieurs témoignages, des bérets rouges, armés, ont rejoint les policiers et les gendarmes dans l’après-midi. Des coups de feu, tirés par les forces de l’ordre, n’ont pas fait de victimes et ont été entendus dans le quartier de Koloma, fief de l’opposition.

Plus loin dans d’autres quartiers les forces de l’ordre ont interpellé six personnes, comme l’explique le directeur de la sûreté de Conakry et porte-parole de la police, le commissaire Boubacar Kassé : « Il a été interpellé pour érection de barrages, mais compte tenu du fait qu’on a trouvé en sa possession une arme blanche qui prouve qu’il avait des intensions de s’attaquer aux paisiblement citoyens, il en est de même pour les cinq autres qui ont été interpellés dans la commune de Matam ».

Sans attendre que les suspects aient été présentés à un juge et inculpés, le ministre de la Sécurité, Alpha Ibrahima Kéira, a déjà annoncé ce qui attend ces présumés fauteurs de troubles : « Nous demanderons les peines maximales pour tous ces troubleurs de l’ordre public. Ceux qui veulent encore essayer cette aventure, on les traitera avec la même détermination, çà c’est consignes fermes qu’on appliquera vailles que vailles, coûte que coûte ».

Elections toujours contestées

De nombreuses boutiques sont fermées au grand marché de Madina, environ 25 % seulement sont ouvertes. Et dans les quartiers réputés favorables à l’opposition, les stations-service sont également fermées ce lundi.

Cette nouvelle mobilisation intervient huit mois après des élections locales qui font toujours débat. Les protestations avaient été très nombreuses après le scrutin de février dernier. L’opposition avait dénoncé des fraudes, contesté les résultats. Des mois de tension très vive jusqu’à un accord politique signé au mois d’août.

Cet accord était censé permettre enfin l’entrée en fonction des élus locaux, mais les conditions dans lesquelles se déroule cette installation suscitent de nouvelles critiques. L’opposition dénonce la lenteur du processus et surtout, elle accuse le parti au pouvoir de ne procéder à la mise en place de ces conseils communaux qu’après avoir corrompu leurs membres pour s’assurer qu’ils soient favorables au pouvoir.

RFI

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