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Une conjonction des crises n’est pas une aubaine pour le gouvernement : plus de soft power ! (Chronique)

Depuis une semaine, le gouvernement guinéen est confronté à une fronde sociale. Celle-ci est conduite par des acteurs diversement constitués de syndicats, de journalistes ou tout simplement de citoyens qui entendent marquer leur opposition face à la hausse du prix du carburant à la pompe. Le recours aux plateformes comme Facebook a jusqu’ici permis à la mobilisation et conféré un succès à l’action. Après la marche pacifique du mardi dernier qui a réuni plusieurs milliers de personnes dans les rues de Conakry et à l’intérieur du pays, « les forces sociales » avaient projeté une nouvelle marche ce lundi 16 Juillet avant de se voir refuser l’autorisation. Nombre d’observateurs avaient si bien salué la démarche du gouvernement autorisant la tenue de la manifestation, notamment du fait qu’elle rompt avec l’éternelle interdiction tout le temps opposée à la demande de manifestation de l’opposition politique.

La motivation de cette décision du gouverneur de Conakry peut être infailliblement comprise comme liée au carton qu’a connu la première manifestation, elle n’a enregistré aucun impair. Naturellement, l’opinion rejetant une décision publique, n’est pas du gout du gouvernement. Et dans une situation comme telle, la bataille de l’opinion publique reste la plus importante, et sur ce sujet, l’action sociale retient plus l’onction populaire qu’elle ne l’est pour l’Etat. Les autorités municipales invoquent la question de l’ordre public, sauf que cette explication ne trouve pas sa justification en ce sens que la première marche a si bien réussi qu’on ne saurait brandir la peur d’un trouble à l’ordre public.

Mais en même temps, le gouvernement devrait s’éviter une juxtaposition des crises, parce que pendant que les forces sociales lèvent le ton, la crise latente autour du contentieux des élections locales, n’ayant encore pas été dénouée, le risque d’une éventuelle invite de l’opposition dans les rues, compliquerait systématiquement la donne. D’ailleurs, le principal Cellou Dalein Diallo, annonce une marche en protestation de la décision du ministère de l’administration d’installer prochainement les élus locaux des circonscriptions qui ne font objet de litige. Tout le temps, la stratégie de l’enlisement consistant pour le gouvernement de réagir qu’in extremis, ne constitue pas une approche qui permette d’endiguer les crises car le risque d’être confronté à la fois à une grogne sociale et les réclamations politiques d’une opposition usant de sa seule arme, les manifestations, n’est pas à minimiser.

Mieux, traiter de la grogne sociale avec euphémisme s’avère pas stratégique quand on sait tout la légitimité que revêt une revendication outre que politique ou corporatiste. Rappelons que la seule fois que le Général Lansana Conté s’est vu le pouvoir vacillé a été du fait d’une action sociale conduite par des acteurs syndicaux qui exigèrent de meilleures conditions sociales. Par ailleurs, depuis cette époque, les manifestations s’installent progressivement dans nos habitudes si fait que pour une simple coupure du courant, des jeunes peuvent s’offrir le luxe d’ériger des barricades et prendre d’assaut la chaussée. Une tendance fortement déterminée par les marches et les villes mortes convoquées par l’opposition depuis 2010. Les délétères conditions sécuritaires lors de ces actions collectives ne devraient être rendues possibles par une inaction politique du gouvernement parce qu’en définitive, les répercussions économiques, sociales et mêmes politiques sont énormes.

Kabinet Fofana

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