mercredi 21 novembre 2018
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Une nouvelle démission dans les rangs des NFD de Mouctar Diallo

Je démissionne des NFD

Les deux décrets du 26 mai qui ont annoncé la structure du gouvernement et ses membres m’ont aussi  libéré. Désormais, je suis libre de mes engagements au sein du Bureau Exécutif des NFD (Nouvelles Forces Démocratiques) et je ne suis plus membre de ce parti.

Les principes qui guident mon engagement politique ne sont pas à marchander. Le pays reste plus important que le parti. Trop de sacrifices ont été consentis et certains ont même payé de leur vie pour qu’en fin le parti vire de camp pour des intérêts individuels.

Je ne peux en âme et conscience accompagner ou faire partie d’un parti qui est membre d’un gouvernement d’Alpha Condé ayant surtout  pour premier ministre Kassory Fofana. Je ne peux surtout de près ou de loin être associé à toute tentative qui viserait à tripatouiller notre constitution au profit d’un seul homme. La constitution est claire mais quand au Président Alpha Condé, il continue d’entretenir le flou en manifestant le désir de vouloir laisser le peuple décider sur une question déjà résolue de façon claire par la Constitution.

Alpha Condé n’est pas l’homme du changement comme il a voulu nous le faire croire et comme certains d’entre nous avaient espéré. Pour n’avoir pas été associé à la gestion des régimes passés, on espérait avoir un homme neuf et libre des parasites de la mauvaise gouvernance chronique qui gangrénaient le service public et privé guinéen. Cependant, avec les nominations successives, certains ont vite compris que ce qui intéressait Alpha Condé le plus c’était simplement le pouvoir et non pas le nettoyage du système.

Il a fallu vraiment un Alpha Condé pour refaire de Kassory Fofana un ministre et pire, faire de lui un Premier ministre considérant son passé. Même Lansana Conté, le champion du laxisme ne voulait plus de lui. Il a fallu Alpha Condé pour redonner une santé politique à Kassory au détriment de son propre parti car même la population dans son ensemble avait désavoué Kassory Fofana. Au premier tour des élections présidentielles de 2010, il n’avait récolté que 0,66%. Aux législatives de 2013, son parti n’avait obtenu qu’un seul siège sur les 114.

Donc, en réalité, malgré tout le bruit, il ne représentait presque rien sur l’échiquier politique national et il serait resté ainsi n’eût été Alpha Condé et son amour pour la médiocrité. Si Kassory Fofana peut être pressenti pour le pouvoir aujourd’hui, c’est grâce à Alpha Condé.

Enfin, pour tous ses morts, toute cette violence politique entretenue par l’État contre ses propres citoyens et aussi pour sa tendance à violer délibérément et constamment la Constitution, comment pourrait-on soutenir Alpha Condé pendant qu’il éprouve le désir de se maintenir au pouvoir en violation de la constitution?

Il a fallu qu’il y ait des morts pour qu’il se décide à organiser les législatives en 2013. Il a fallu encore des morts pour qu’il accepte d’organiser les communales en 2018. Pourquoi avait-il retardé la mise en place des institutions de la République ? Pourquoi la Haute cour de justice et cela après 8 ans au pouvoir ? Pourquoi la corruption est si rampante ? Pourquoi les services de base sont quasi inexistants? Pourquoi l’eau est-elle encore un luxe que seuls les riches peuvent s’offrir dans un pays suffisamment arrosé par une pluviométrie généreuse et des cours d’eau dans toutes les régions ?

Oui, quelques améliorations sont à constater ça et là mais leurs impacts ne se manifestent pas encore dans la vie de nos pauvres compatriotes qui continuent à tirer le diable par la queue. Ceci est dû au fait que non seulement les efforts fournis ne sont pas dans les secteurs prioritaires, mais ils sont aussi et surtout dus à la mauvaise gestion et les détournements des deniers publics.

Les hôtels sont importants, mais sans visiteurs pour les occuper, ils ne seront pas viables et ne peuvent pas générer des emplois durables. La production de la bauxite a augmenté mais là aussi les retombées positives sur les citoyens ne sont pas évidentes. Dans le domaine de l’énergie, des milliards y ont été engloutis, mais la fourniture d’électricité reste toujours à désirer à Conakry et pire encore à l’intérieur du pays.

Alors que pourrait-on apporter à un tel régime dans ces deux années qui lui restent ? Il serait préférable aujourd’hui que les forces du changement et de la démocratie coalisent pour barrer la route à tous ceux qui veulent détruire ce pays. Barrer la route à tous ceux qui voudraient se hisser au sommet tout en piétinant les sacrifies consentis par tous ces morts depuis les années 1990 et 2000 afin que la démocratie s’installe dans notre pays.

C’est ce qui devrait motiver le combat politique de tout homme politique aspirant à une Guinée juste, libre, démocratique et prospère pour toutes ses filles et ses fils. À cet effet, mon engagement ne sera jamais monnayable pour un poste ou pour un avantage individuel qui n’apporte aucun changement positif pour le peuple.

Vive la Guinée.

Abdoulaye BARRY
Portland, OR

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