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Anarcho-syndicalisme : Soumah, Dalein et la chienlit (Par Amara Bangoura)

Ce 26 février, du côté de l’Axe, des personnes se sont encore défoulées sur des biens publics et privés avec une fureur inversement proportionnelle au nombre des vandales comme pour démontrer qu’on n’a pas besoin d’être nombreux pour détruire ou causer le maximum de dégâts. Assurément, les leçons des manifestations passées n’ont pas été tirées à moins que tout au contraire elles n’aient décuplé la volonté d’en découdre de certains et servi de moyens de propagande pour des acteurs, dont les objectifs étaient justement d’en tirer profit pour faire monter la température sociale.

Ainsi, malgré les gages de bonne volonté du gouvernement, il s’en trouve pour lui faire porter le chapeau allant jusqu’à qualifier les actes de vandalisme de «ras-le-bol des populations» de «légitime colère sinon (de) révolte légitime des enseignants…» Réduire le peuple guinéen à ces hordes de vandales est parfaitement injurieux et traduit une manipulation manifeste des faits pour servir des fins inavouables.

Avec de tels propos, on s’étonne que certains analystes refusent obstinément la politisation de cette ‘’grève’’. D’ailleurs le président de l’UFDG n’a-t-il pas appelé tous les militants de son parti à s’associer activement aux actions du ‘’syndicaliste’’ Aboubacar Soumah ? Comment appeler autrement un tel comportement sans occulter les faits ? Pourtant c’est ce que veulent certains analystes sous prétexte de neutralité, une neutralité qui en l’occurrence exige de nier les évidences et les faits.

En vérité, si des gens refusent de reconnaître la politisation de la ‘’grève’’ d’Aboubacar Soumah, c’est que leurs auteurs ont conscience que cela est inacceptable et en ont une certaine honte, tandis que les théoriciens du vandalisme n’admettent pas servir les intérêts de chapelles politiques même si par ailleurs l’amélioration des conditions de vie des enseignants n’a pas de couleur politique. Mais qu’à cela ne tienne, la situation nationale exige que chacun des acteurs assume toutes ses responsabilités, ou qu’à défaut, on les situe sans équivoque, en fonction des actions des uns et des autres. C’est à ce prix qu’on clarifiera le jeu et qu’on empêchera les pêcheurs en eaux troubles de brouiller les cartes.

Si vous ajoutez à tout cela la manifestation du côté de Kaloum d’une poignée de jeunes se réclamant de la société civile, on voit clairement une politisation de cette grève sauvage. Pourquoi, ces jeunes ont-ils attendu ce 26 février pour faire leur manifestation qui d’ailleurs n’a pas été autorisée ? Il fallait être de la partie parce que, plus on est de fous plus on rit.

Plus sérieusement, il faut remarquer que dans cette affaire l’Etat a manqué de fermeté. Il a laissé un individu polluer l’atmosphère sociale alors qu’il aurait pu le mettre aux arrêts sans être en porte-à-faux avec la loi. L’Etat a donc intérêt à faire en sorte que force reste à la loi. Parce qu’il est démontré désormais que Aboubacar Soumah a été entièrement récupéré par l’UFDG. D’une revendication pour l’amélioration de ses conditions personnelles de vie (DPE à Conakry), il est entré en politique. Et cela aucun facilitateur ou médiateur ne le fera changer. Même s’il s’appelle Tibou Kamara.

Amara Bangoura

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