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Le SLECG rejette l’augmentation de 10%, il exige 40%

Lors d’une assemblée générale tenue samedi, le secrétaire adjoint du SLECG Oumar Tounkara a fait le point avec les enseignants. Pour l’adjoint à Aboubacar Soumah, il n’est pas question de négocier l’augmentation de 40%.

Cette sortie fait suite à l’annonce du ministre K² faisant état de l’augmentation de 10% sur les salaires, en lieu et place des 40% réclamés.

Oumar Tounkara demande aux enseignants de tenir jusqu’au bout et de ne pas aller à l’école.

« Aujourd’hui, tous les Guinéens sont conscients. Je vous fais un rappel. Les parents d’élève nous aiment mais très peu. Les institutions républicaines nous aiment mais très peu. L’assemblée nationale, le conseil économique et social, la présidence et que sais-je ? Qui a dit quoi concernant les enseignants ; personne. La question que les institutions se posent, c’est quand les enfants retourneront à l’école mais aucun ne s’est posé la question : allons voir qui de droit pour que le gouvernement réponde aux sollicitations des enseignants.

Comme on est aux portes de la réussite, les gens s’érigent en donneurs de leçons pour nous dire ceci ou cela. Nous n’avons de leçon de morale à recevoir de personne. C’est nous, qui donnons des leçons de sagesse, de fraternité, de justice, de vertu et de solidarité. Qui peut nous dire quoi ? Personne. Comme ils ont à manger, à boire, à encaisser, ils ont des comptes bancaires bien garnis, ils veulent qu’on reste dans la misère. Nous avons étudié dans la misère, nous enseignons dans la misère, certains sont retraités dans la misère, et nous qui serons retraités, nos enfants n’auront que des dettes à payer.

Aujourd’hui, il y a des enseignants qui ont fait 35 ans de service, ils n’ont même pas un mètre carré. Nous sommes les derniers à nous coucher et les premiers à nous lever. Quand on dit huit millions, ils disent que c’est trop. Malheureusement, certains enseignants font l’écho de ça. Huit millions pour l’enseignant, c’est trop mais eux ceux (ministres et hautes cadres du pays) qui prennent des milliards des deux mains à volonté, ça ce n’est pas trop ? 

On parle de paix, de paix, de paix, les Guinéens utilisent le mot paix mais rares sont ceux qui savent sa signification. Celui qui diminue les salaires, et celui qui dit : remets ce que tu as pris, qui veut créer la guerre ? Qui est pour la paix ? Le préalable de la paix, c’est la justice et la répartition équitable des richesses.

On ne peut pas nous donner aujourd’hui 50 millions, Dr Porthos et moi, parce que nous sommes les secrétaires généraux, on prend les trente millions et on vous dit de repartir les vingt autres millions. Je crois qu’on ne sortira même pas d’ici. Donc, avant de parler de paix, il faut parler de justice. Encore une fois, je ne suis pas le seul à prendre la parole.

L’assemblée d’aujourd’hui est déterminante. La journée de lundi est déterminante. Il faut une équipe. L’équipe, ce n’est pas le fait de dribbler et d’attaquer. L’attaquant attaque, le défenseur défend. Mais quand on a fait un match, on dit quelle est l’équipe qui a marqué le but. Donc, il faudrait que nous marquions. Il faudrait que nos 40% soient remis, que le salaire du camarade Aboubacar Soumah soit rétabli.

Nous disons que nos salaires sont bas, nous vivons. Mais, et eux qui sont privés de salaire depuis cinq mois. Il faut être inhumain, cruel (assassin) pour bloquer le salaire d’un enseignant pendant cinq mois…

Quelles que soient les prières que nous ferons dans toutes les religions, tant que nous ne prendrons pas notre destin en main, nous serons là où nous sommes. La situation nous interpelle. Qui aime les enfants guinéens plus que nous ? C’est nous qui leur donnons le savoir, le savoir-faire et le savoir-être. Mais va-t-on accepter d’être bernés par de bons mots ? Vous êtes les modèles, vous êtes le miroir, vous êtes le moteur, vous êtes le socle, vous êtes ceci ou vous êtes cela, alors qu’on est pauvre. Encore une fois, nous sommes des humains, nous aimons nos élèves mais nous aimons nous aussi vivre dans le bonheur.

Le bonheur de la main gauche ne fait pas le bonheur de la main droite. Le bonheur de Seny ne fait pas le bonheur de Sana, même s’ils sont des jumeaux. Il faut que nous prenions notre destin en main. Il ne s’agit pas de se confier à celui-ci ou à celui-là. La lutte que nous avons engagée, il faut la parachever. On la parachève à son terme. Et le terme, c’est l’obtention des 40%, pas demain, après-demain mais immédiatement. C’est-à-dire, c’est sans délai. Si nous avons demandé l’impossible, que le gouvernement nous propose le possible. Ils ont déjà fait le virement dans les banques. Ecobank n’a viré que 10%.

Allez-y chercher les 10% et rester à la maison. Les 40% doivent être obtenus vaille que vaille. Est-ce qu’on est d’accord ? (Oui). Peut-on rester à l’intimidation ? (Oui). L’administration scolaire qui dit aux élèves qu’elle a pris des mesures, est-ce qu’on peut prendre des mesures pour deux millions de Guinéens. Donc, le ridicule ne tue pas.

Au lieu de s’occuper de l’élève, occupe-toi de l’enseignant parce que ce sont les deux faces d’une médaille. Nous ne demandons rien. Notre lutte n’est ni politique, ni ethnique, encore moins sectorielle. Elle est professionnelle.

La grève continue!

 

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