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Le Burkina Faso pleure l’un de ses grands cinéastes Idrissa Ouédraogo

Le Burkina Faso pleure l’un de ses grands cinéastes. Idrissa Ouédraogo s’est éteint dimanche dans une clinique de la capitale burkinabè des suites d’une maladie. Il avait 64 ans.

Véritable icône du 7e art dans son pays, Idrissa Ouédraogo s’était fait connaître du grand public avec son film Tilaï, qui remporte en 1991 le prestigieux Étalon d’or de Yennenga au Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou.

Diplômé de l’Institut africain d’études cinématographiques de Ouagadougou et de l’université Paris I Sorbonne, Idrissa Ouédraogo a signé une œuvre riche de plusieurs dizaines de films et de courts métrages. Yaaba et La Colère des Dieux figurent également parmi les chefs d’œuvre  de celui qu’on surnomme affectueusement le « Maestro » à Ouagadougou. Patron de la société de production « Les films de la plaine », il avait également participé à la réflexion collective sur le film 11-09-01 sur les attentats terroristes de New York en 2001.

Hommages dans le milieu du cinéma

L’annonce de sa disparition a provoqué une vague d’hommages. Sur Twitter, le président Roch Marc Christian Kabore a salué la mémoire d’un ambassadeur du cinéma africain : « Le Burkina Faso vient de perdre un réalisateur à l’immense talent profondément attaché à son pays. Je rends hommage à Idrissa Ouédroago qui aura beaucoup oeuvré au rayonnement du cinéma burkinabè et africain hors de nos frontières. L’Afrique perd avec sa disparition l’un de ses plus valeureux ambassadeurs (…) de la culture ».

Roch M. C. KABORE

@rochkaborepf

J’ai appris avec une profonde tristesse, le décès survenu ce dimanche du cinéaste Idrissa Ouedraogo.

Le Burkina Faso vient de perdre un réalisateur à l’immense talent, profondément attaché à son pays.

L’émotion est également vive dans le milieu du cinéma, où les réactions à sa disparition se multiplient. « C’est une grande perte pour le cinéma. On aurait souhaité que le cinquantenaire du FESPACO, soit l’édition des burkinabè pour qu’on remporté à nouveau l’Étalon de Yennenga. Idrissa était bien placé pour nous faire miroiter ce rêve, malheureusement le sort en a voulu autrement », déclare à Jeune Afrique la comédienne et réalisatrice, Augusta Palenfo.

« Un réalisateur rigoureux »

Saluant son grand professionnel et sa rigueur, elle retient de l’homme une main généreuse. « Idrissa était un réalisateur rigoureux, qui savait mettre ses collaborateurs à l’aise. Parfois, il lui arrivait de rémunérer plus que ce qui était convenu dans le contrat pour les cachets. Beaucoup de professionnels du cinéma lui doivent aujourd’hui leur succès », souligne celle qui a joué dans la série Cent jours pour convaincre du réalisateur.

La comédienne Georgette Paré, qui l’a côtoyé pendant plusieurs années, évoque pour sa part « un monument du cinéma ». « Idrissa Ouédraogo était un grand gueulard sur le plateau. Mais il ne mordait pas. Une fois, nous étions tellement agacés sur le plateau de tournage du film Afrique mon Afrique avec Ismaelo que nous lui avons demandé de jouer le rôle à notre place. Idrissa s’est exécuté devant la caméra avant d’éclater de rire. C’est pour dire qu’il était un réalisateur convivial », se souvient la comédienne avouant avoir été inspirée au cinéma par les œuvre du cinéaste à la fin des années 1980.

Jeune Afrique

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