mercredi 26 septembre 2018
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Sidya Touré accuse: les gendarmes avaient des résultats qu’ils devaient donner aux CACV

Lors d’une interview accordée à nos confrères d’Espace. Fm, le président de l’UFR, Sidya Touré, a exprimé toute son inquiétude et sa colère face à ce qu’il a qualifié de fraudes électorales. A cet effet, il a mis en cause le gouvernement. Va-t-il s’allier à l’un ou l’autre partie majoritaire ? Sidya Touré, le Haut représentant du Chef de l’Etat reste ambigu.

Est-ce que ce début de proclamation des résultats provisoires par la CENI change votre regard sur le processus généralement pris en otage ?

Je ne peux pas dire que ça change mon point de vue. Ce que nous avons constaté sur le terrain, c’est ce que nous avons commencé à dire dès le dimanche soir. Si vous vous souvenez la première manifestation qui a eu lieu à Matam, c’est parce que nous nous sommes aperçus que les PV qu’on introduisait étaient différents des PV qu’on détenait. Les jeunes se sont fâchés, ils sont sortis dans la rue. Les gendarmes avaient introduit des PV différents à la centralisation et cela a abouti au jet de gaz lacrymogène à la manifestation des jeunes de Matam que vous connaissez.

Donc ma perception pour le moment, le peu que j’ai entendu cela ne change pas grand-chose pour faire que les élections se sont passées comme ça et la confirmation qui en a été faite par la CENI. Ces élections ne se sont pas passées dans les conditions idoines.

Est-ce que vous demandez à ce qu’on reprenne complètement tout le processus ?

On en est vraiment pas là. Vous savez, on a attendu 13 ans  pour faire ces élections. La question que je me suis posée, je l’ai posée d’ailleurs au Président de la République. Quel était en fait l’objectif qu’on avait d’organiser des élections en Guinée ? Pour moi, c’était de mieux qualifier la démocratie de rendre notre pays plus présentable. Et d’avoir au moins le fait qu’on dise, en Guinée les choses vont de mieux en mieux.  Si c’est pour arriver à ce à quoi, on a abouti, mais je posais la question à mes amis la question de savoir c’était quoi ? Je l’ai posée au Président Alpha Condé quand je l’ai rencontré, c’était pour aller où ? Là on est nulle part là parce que tout est contesté, tout est remis en cause. J’espère qu’on va en sortir dans les meilleures conditions possibles, en tout cas, nous nous battons pour ça.

La question, c’est pourquoi au lendemain de chaque élection, le Président vous appelle au palais Sékoutouréya ?

Ça n’a rien avoir ! Cellou aussi m’a appelé. Donc, ce n’est pas les mêmes problèmes. J’ai parlé à d’autres leaders, je fais le point avec UPG. J’ai parlé avec Cellou Dalein Diallo avec le Président Alpha Condé donc ça veut rien dire ça.

Il y aussi une chose qui échappe à beaucoup de militants. Il y a des alliances qui s’annoncent. Et l’UFR semble courtisée par tous les partis politiques. Qu’est-ce que vous allez faire ?

Je n’ai pas fait des élections pour aller compléter les comptes des uns et des autres. Je fais des élections pour que chez moi je puisse en tout cas là où il y a mes fiefs, il y a mes électeurs qu’on puisse les gagner. Premièrement, ce que j’ai constaté, c’est que par le fait de centralisation qui était préétablie, vous regardez les six (6) concernant l’UFR, vous verrez qu’on 7 délégués à Boké, on en a 7 à Matoto, on en a 7 à Matam, on en a 7 jusqu’à Nzérékoré. Alors il faut savoir qu’est-ce que ces électeur-là, eux, ils savaient déjà qu’ils allaient tous voter ensemble pour donner 7 électeurs ? Ça veut dire que nous avions des documents préétablis.

Ces questions-là sont des questions fondamentales. Je cherche, je veux avoir de réponses avec tous ceux avec lesquelles nous avons participé à ces élections-là. Qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas, ça c’est absolument un machin de fraude. Où c’était considéré comme le fief de l’UFR, je me suis en sorti avec 6 délégués ou 7. Si ce n’est pas préétabli, ils se sont concertés avant. Donc, on a des questions fondamentales. L’objectif pour moi, ce n’est pas de voir si je vais compléter le compte de qui que ce soit. J’essaye de savoir pourquoi moi qui ai l’habitude de gagner, je me retrouve dans les conditions comme ça. Ça été dramatique, parce que les gens du RPG avec lesquels, on s’était rapproché un temps soit peu, je ne pense pas que ce soit le parti, c’est l’administration qui a organisé ces élections.

Les électeurs au cours de la journée de dimanche m’ont appelé de Kamsar, de Boké, de Kindia pour me dire « ce parti, le RPG lutte contre nous ou il lutte contre leur adversaire UFDG ?’’.  Voilà des questions auxquelles moi j’attends de réponse.

Parlant de l’UFR surtout la percée du côté de la Haute Guinée comment expliquez, M. le président ?

Vraiment ! La seule satisfaction essentielle que j’ai tirée sur ces élections, c’est de voir que des candidats se sont présentés à Siguiri dans 12 CR sur 13, à Kankan, à Mandiana à Sinko, à Beylla, à Faranah où nous avons même gagné une commune rurale. Et que ces candidats au nom de l’UFR aient fait de telle percée et qui ont vraiment fait de campagne. Par exemple à Sinko, nous étions le premier jusqu’à l’arrivée d’un certain colonel qui a changé le vote. Nous avons quand même une satisfaction qui démontre que le parti à un caractère national.

Je répète hein ! Ce  ne sont pas des habitants de la Basse Côte qui sont partis votés dans ces coins-là, en Foret c’est un peu la même chose. Je me réjouis du caractère national aujourd’hui que prend l’Union des forces républicaines (UFR). C’est la seule satisfaction que je tire de ces élections. Même s’il y a eu beaucoup de tricheries en me disant dans les conditions meilleures, les choses deviendront différentes. Mais à quel moment aura-t-on les conditions meilleures ?

Le cas de Matam, on sait qu’historiquement c’est l’UFR. Comment expliquez-vous ce qui s’est passé?

C’est le premier endroit où nous avons été confrontés aux résultats préétablis. Les jeunes sont venus avec leurs documents en main et on a voulu qu’on les remette à des gendarmes pour les introduire à la CACV. Or, on savait déjà, parce les jeunes gens nous avaient averti que les gendarmes avaient dans leurs autres poches des résultats qu’ils devaient donner aux CACV qui n’avait rien avoir avec ce qu’on leur avait donné. Donc à Matam, les jeunes ont souhaité que leurs représentants soient accompagnés  par des gendarmes mais qu’on ne leur remette pas  et que ce soient eux-mêmes qui déposent le document. Le refus de cela, c’est ce qui a entrainé l’attroupement des jeunes et les manifestations qu’on n’a vu depuis dimanche soir. Et jusqu’aujourd’hui, notre candidat de Matam n’accepte pas le résultat. On verra bien ce que la CENI va dire.

Maintenant, que va faire l’UFR ? Est-ce que l’UFR a un choix particulier ? Si au bout du compte, il n’obtenait pas gain de cause par rapport à ses droits ?

Nous discuterons avec les partis politiques, selon nos intérêts. Parce que nous pensons qu’on avait un rapprochement avec un parti politique, apparemment, il y a des stratèges là-bas dont l’objectif était plus d’éliminer notre parti que de créer une coalition gagnante ensemble. Donc nous tirerons les conclusions de tout cela et selon les intérêts de notre parti,  parce que c’est une élection locale. Nous verrons de quelle manière cela se fera. Mais, on n’exclut rien de tout.

Vous disiez tantôt que dans certains de vos fiefs, les militants sont venus à se demander, ‘’ le RPG a quoi contre nous ? Plutôt que de s’occuper de son adversaire l’UFDG’’. Est-ce que cela laisse entrevoir que la position de l’UFR par rapport à l’UFDG, elle est déjà scellée. Vous n’allez donc pas aller en alliance avec l’UFDG ?

Ecoutez ! Quand vous appelez l’UFDG, vous ne lui demandez pas s’il veut aller en alliance avec nous ou le RPG. Moi, je suis un parti national. J’essaye de faire mon chemin. Ces élections sont des élections locales. Si elles n’avaient pas été sabotées de telle manière, je pense que ça aurait permis l’émergence des responsables dans ces différentes communes pour participer au développement communautaire régional. C’était ça l’objectif. Et je croyais quand j’ai vu le Président, vous qui dites que je l’ai rencontré, je l’ai rencontré, voilà les questions que je lui ai posé.

Au lieu  de passer son temps à faire guerroyer, que voulons-nous faire émerger ? Dans quelle direction, voulons-nous apporter ces choses-là ? Quel était l’objectif final de ces élections ? Quelle est la perception que la Guinée va avoir en sortant de là ? Quand nous sommes à des niveaux comme cela, l’administration, le gouvernement doit s’occuper de leurs principales tâches.

Est-ce que ça veut dire que le RPG n’a pas été loyal ?

Je vais dire que ces élections, ce que nous nous avons eu face à nous, partout où ces élections ont été organisées, c’est l’administration, la gendarmerie ainsi de suite, et de vois le refus de la CENI de bouger pour aller dans le bon sens. Et le fait que cette CENI ait donné préalablement des documents à un des partis, les élections là non! Voilà la réalité des choses. Je crois qu’on ne peut pas se cacher la vérité par rapport à ça.

Une synthèse d’Alpha Amadou Diallo (L’Indépendant)

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