dimanche 15 juillet 2018
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INIDH: Mamady Kaba s’inquiète de la menace de l’extrémisme islamique en Guinée

Le président de l’Institution nationale indépendante des droits humains (INIDH), le Dr Mamady Kaba, a, dans un entretien accordé récemment à la radio City fm, tiré la sonnette d’alarme, contre la menace de l’extrémisme islamique dans notre pays. Il a aussi dénoncé la défaillance de l’État guinéen en matière de sécurité de ses citoyens et de leurs biens.

Il s’est produit une scène qui continue de susciter des inquiétudes chez beaucoup d’analystes avertis. Il s’agit de l’assassinat ou du double assassinat, qui s’est produit à Mandiana, notamment à kantebalandou, où un ressortissant saoudien a été tué alors qu’il était venu prêcher l’islam. Et par la suite, un de ses adeptes, s’en est pris au chef des chasseurs de ce village, à coup de poignard, lui donnant la mort par la suite. Il y a eu beaucoup de tergiversations, mais votre institution qui a pour habitude de fouiner, de chercher ce qui se passe en dessous des choses, quelle explication trouvez-vous à ce double assassinat ?

Dr Mamady Kaba : Merci pour cette opportunité. Je profite de cette occasion pour présenter mes sincères condoléances à la ligue islamique, au gouvernement et à la famille éplorée. Nous sommes très choqués par ce genre de situation, qu’une personnalité de ce rang puisse se retrouver dans cette situation, derrière une moto, d’un point A, dans la profondeur de la Guinée, à un point B sans la moindre sécurité C’est vraiment incroyable. À mon avis, c’est encore une défaillance de l’État. La tolérance religieuse est en train d’être remise en cause en Guinée C’est le terrorisme qui est en train de s’installer dans notre pays. Je pense qu’il est temps que la situation soit prise très, très au sérieux.

Mais pourquoi vous parlez de terrorisme islamique?

C’est le terrorisme islamique, parce que, il n’a pas été tué pour de l’argent Ce n’était pas un crime crapuleux. L’homme a été tué pour lancer un message à une partie de la communauté musulmane. J’ai le sentiment pour des mains noires derrière cet assassinat et que ça pourrait être le début d’un scénario de catastrophe.

Donc, à mon avis, Il est temps que l’État se mobilise pour comprendre les tenants et les aboutissants de cet assassinat et prendre les mesures draconiennes qu’il faut pour protéger notre pays et ses citoyens contre d’éventuels actes terroristes.

Donc, pour vous, ce n’est pas un acte anodin, ce n’est pas un incident superflu, c’est une sorte d’alerte ?

Exactement, c’est une sorte d’alerte. Imaginez que cet homme se trouve derrière une moto et que quelqu’un puisse se retrouver sur son chemin et l’abattre. À mon avis, c’est quelque chose de bien planifié. Je crois que les raisons doivent être plus profondes que ce que nous imaginons.

Donc, il appartient à l’État de comprendre véritablement cette situation et de travailler désormais à encadrer les missions de prédication qui viennent dans notre pays C’est pourquoi, Il faut que l’État renforce le Secrétariat général aux affaires religieuses. Dans un contexte comme celui-là, je ne pense même pas qu’on doit avoir un secrétariat général, on doit avoir un ministère aux Affaires religieuses. Il faut revoir les missions de ce ministère, il faut accroire les moyens humains, les moyens techniques et les moyens financiers de ce ministère pour que le ministre joue un rôle de premier plan dans la prévention du terrorisme.

En dehors même de l’assassinat du prédicateur, il y a des signes qui ne trompent pas. Des mosquées sont en train de fleurir un peu partout et des écoles coraniques qui échappent à tout contrôle de l’État Des enfants sont endoctrinés dans ces écoles-là L’extrémisme est en train d’être véhiculé et je crains, que bientôt la Guinée ne rompe définitivement avec la tolérance religieuse, parce que, dans une région de notre pays, il y a seulement quelques jours, une veuve, une femme qui a perdu son mari, devait porter son veuvage, et des extrémistes sont venus l’enlever sous prétexte que la manière dont le veuvage se fait dans nos familles n’est pas la bonne manière. Donc, ça c’est une négation de nos valeurs.

Il faut faire la différence entre la religion islamique et les traditions arabes. Il y’a beaucoup d’éléments de la tradition arabe qui sont compatibles à l’islam. Nous aussi, en tant qu’Africains, nous avons beaucoup de valeurs qui sont compatibles avec l’islam. On ne peut pas détruire toutes nos valeurs pour les remplacer par les traditions arabes. Ce n’est pas possible. Il y a dans chaque culture, dans chaque tradition, il y a des choses qui ne sont pas bien qu’il faut extirper, mais il y a des choses qui sont très bonnes dont il fait faire la promotion.

Mais il ne faut détruire tout ce qui existe pour remplacer par quelque chose de différent. Je pense que nous sommes en train d’avancer dangereusement vers une situation où la Guinée perdra elle-même ses propres valeurs, où la tolérance religieuse va disparaître, où le vivre ensemble va être remise en cause, où les communautés seront divisées sur leur manière de concevoir la religion. Je ne pense pas que ce soit quelque chose de favorable à l’unité nationale. Donc, l’important est que l’État comprenne tout ça et maintenant là pour agir contre l’extrémisme.

Quand vous dites qu’il se pourrait qu’il y ait des mains noires dans cet acte, à qui profiterait le crime par exemple ? 

Voilà. C’est ce qu’il faut rechercher et l’État est bien placé pour le faire mais pour ma part, je peux confirmer avec certitude que, l’unité nationale est dangereusement menacée par l’extrémisme, qui est en train de s’installer, qui est en train d’être véhiculé.

Les jeunes qui sont sans emploi, qui sont sans repères, qui vivent dans des familles pauvres sont récupérés, endoctrinés et ceux-là vivent dans notre pays. Ce sont des bombes à retardement. Nous ne savons pas quand est-ce qu’ils vont commencer à agir. Vous savez, quand les actions terroristes commencent dans le pays c’est déjà trop tard pour lutter contre. Le terroriste installe profondément ses racines avant de commencer à frapper. Donc, si vous attendez pour qu’ils commencent à frapper, avant de prendre la situation au sérieux, ce sera trop tard. Cet assassinat est une alerte qui est donnée à la Guinée. La Guinée doit mobiliser toutes ses forces, toutes ses énergies et tous ses moyens pour préserver sa jeunesse contre la radicalisation. Lutter contre les idées extrémistes qui sont véhiculées dans notre société et promouvoir un islam national qui est compatible avec notre désir de paix, de tolérance et de vivre ensemble.

Il y a par ailleurs, à part ce double assassinat, qui est intervenu en période d’anxiété, d’angoisse, par rapport à un phénomène nouveau, le phénomène d’enlèvement. Des opérateurs économiques enlevés, leurs ravisseurs demandant des rançons. C’est également, le signe que la sécurité bat de l’aile ? 

Oui, c’est un des éléments du paquet. Un paquet hostile à notre sécurité, à notre stabilité en tant qu’État, c’est très inquiétant. Vous, vous souvenez que chaque fois qu’il y avait des manifestations, des gens profitaient pour s’en prendre aux opérateurs économiques, pour attaquer leurs boutiques, prendre leur argent, prendre leurs biens et s’enrichir facilement. Nous avons vu des commerçants qui, avaient accumulé petit à petit, pendant trente ans, leur petit fonds de commerce, et un seul jour on a tout détruit, sans rien à faire, sans rien à manger. Donc ce n’est pas aujourd’hui que ça a commencé.

Aujourd’hui, c’est une nouvelle phase dans laquelle nous entrons, puisque les manifestations ont diminué, alors on kidnappe les opérateurs économiques. Si on n’arrive pas à avoir de l’argent avec eux, on les tue. La fois dernière, il y a un qui a été tué à Dubreka. C’est vraiment inquiétant parce que ça va s’agrandir et demain, vous allez voir qu’on va commencer à prendre en otage des responsables de l’État.

C’est un grand danger et je pense que le ministère de la Sécurité doit revoir sa stratégie. Le ministère est très inefficace. Ses stratégies, s’il en a, ne sont pas du tout adaptées au contexte, parce que chaque jour, nous voyons de nouvelles formes de criminalité qui naissent. On a l’impression que les crimes sont gérés le jour au jour.

Vous disiez, tantôt en parlant de ce qui s’est produit à Mandiana, vous parliez de mains noires et vous disiez que c’est à l’État de déterminer à qui profitait ce double assassinat, et vous dénoncez également cette forme d’inaction ou même de tolérance par rapport à ce phénomène d’islamisme radical qui est en train de prendre racine dans notre pays ? 

Je sais que les grands bandits, quand ils sont arrêtés, quelques jours après ils sont dehors. Quand vous visitez nos prisons, elles sont remplies de personnes qui, souvent ne méritent pas de se retrouver là-bas. Ils gonflent inutilement le nombre des prisonniers, alors que ceux qui doivent se retrouver en prison sont en train de sillonner librement dans nos quartiers au vu et au su de tout le monde. Donc la complicité de la Police et de la gendarmerie, sincèrement, c’est une évidence. Vous avez vu par le passé que des bandits ont dénoncé des responsables, des officiers qui mettaient à leur disposition des armes etc… Donc c’est une réalité et moi je suis très inquiet parce que, on a dit qu’il y a un gros paquet, et tout ce que nous sommes en train de dénoncer, est un élément de ce gros paquet.

Personnellement, je fais partie de ceux qui pensent qu’une réflexion nationale doit être engagée pour rassurer la population, pour créer les conditions d’une vie plus sûre pour la population. Ce paquet, je ne souhaite pas que le peuple le découvre de lui-même. Je souhaite que ce soit à l’État de découvrir le paquet, de le démanteler afin que les populations ne subissent pas les objectifs qu’il vise. Si non, je ne suis pas sûr que notre avenir est sûr avec tout ce qui se projette. Et si rien n’est fait dans le futur proche ou lointain, nous pourrons assister à des situations très très difficile à gérer.

Vous, vous souvenez que l’Algérie, les choses ont commencé petit à petit et le gouvernement ne s’en est pas soucié. Quand le gouvernement a pris la situation au sérieux, c’était trop tard. Il a fallu plusieurs années de lutte, avec les conséquences tragiques que le pays a connues, pour que le pays soit un peu plus sûr maintenant. Et beaucoup d’autres pays ont connu cette situation, la Côte d’ivoire, etc.

Aucun État ne doit jouer avec sa sécurité et sa stabilité. Tout ce qui doit être fait pour sécuriser les populations et leurs biens mérite d’être fait. C’est pourquoi, il faut aujourd’hui que l’État prenne à bras le corps, la question de la sécurité des citoyens et de leurs biens. Qu’il y ait une réflexion nationale sur la question et des stratégies à long terme qui visent, aujourd’hui, à lutter contre les causes apparentes et aussi à long terme sur les causes cachées. C’est pourquoi je propose qu’il y ait de profondes réformes du ministre de la Sécurité et du secrétariat général des Affaires religieuses pour que ces ministères-là, puissent se joindre à d’autres institutions pour travailler à identifier les menaces qui pèsent sur notre avenir commun, sur notre vivre ensemble, notre sécurité et notre stabilité, pour nous rassurer que demain notre pays continuera d’être un pays qui est en paix, malgré toutes les agitations et tous les problèmes que nous avons.

En parlant d’insécurité, en parlant de passif qui incombe à l’État, il y a la question de l’affaire du 28 septembre. Il y a eu des évolutions, le dernier moment, on a appris que les accusations de crime contre l’humanité ont été abandonnées et deux officiers dont l’actuel gouverneur de la ville de Conakry auraient bénéficié d’un non-lieu. Est-ce que vous avez compris quelque chose à cette décision ?

Les crimes du 28 septembre ont déjà été qualifiés. Il y a une enquête internationale et toute la communauté nationale et internationale étaient unanimes que c’est un crime contre l’humanité. Et cela a été confirmé dans un rapport d’enquête des Nations-Unies.

Si vous demandez à un État fragile, africain, parce que ce n’est pas seulement la Guinée, c’est l’ensemble des États africains qui sont fragiles sur le plan institutionnel. Vous demandez à la Guinée de prendre en charge, un dossier aussi complexe et aussi profond, mais vous lui reconnaissez aussi le droit de diminuer le bagage de fur et à mesure qu’elle se fatigue, jusqu’à ce qu’elle puisse avoir le bagage qu’elle peut porter.

La charge est très lourde pour notre pays et donc si la communauté internationale et les associations de victimes, qui souhaitent que ce soit la Guinée qui porte le dossier, alors nous devons aussi avoir le courage de reconnaître que la Guinée a le droit d’ajuster le dossier.

Est-ce que vous êtes en train de dire que la justice guinéenne ne peut pas examiner un dossier de crime contre l’humanité 

Oui, moi je l’ai plusieurs fois dit. On avait la question du Tchad, on était tombé d’accord avec Human right watch. On avait dit que le Tchad ne pouvait porter le dossier, et ça a été pendant longtemps démenti, mais le procès n’a pu se tenir quand il a été délocalisé au Sénégal. C’est les chambres africaines extraordinaires qui ont pu aider le Tchad à obtenir la justice dans l’affaire Hissein Abré. S’il était donné au Tchad lui-même, de porter cette charge, le Tchad ne parviendrait pas. Nos États africains sont très fragiles. Donc il est important, je l’ai plusieurs répété, je dis qu’il est important que le dossier du 28 septembre soit traité à un niveau un peu plus élevé, que celui de la Guinée elle-même. Ça peut être au niveau africain, pas forcément à la CPI. Mais les Africains peuvent venir au secours de la Guinée, créer les conditions pour que le procès soit délocalisé, et qu’il se tienne sans menacer la sécurité et la stabilité de la Guinée. Et maintenant, puisque la communauté nationale et internationale, n’en veulent pas, parce que c’est la vérité, personne n’en veut et tout le monde veut que ce soit la Guinée qui rende la justice dans le dossier. Alors si c’est ce que nous voulons, nous devons reconnaître à la Guinée le droit d’ajuster la charge à ses capacités.

Le front syndical encore se signale. Comme on dit, on a l’impression que le gouvernement n’a pas tiré les leçons de l’impasse syndicale à laquelle on a assisté lors de la grève précédente, parce que à nouveau les menaces contre l’équipe de Aboubakar Soumah persistent, au point que le ministre de l’éducation a sorti des décisions mettant en garde tout enseignant tout mot d’ordre qui serait donné par l’équipe de Soumah ?

Moi ce que je regrette, comme vous l’avez dit, nous ne sommes en train de tirer les leçons de notre passé. Vous savez quand on progresse, on tire les leçons de nos réussites, de nos échecs, ça nous permet d’éviter certaines erreurs sur l’avenir.

Monsieur Soumah avait lancé un mot d’ordre de grève, et beaucoup d’enseignants ont suivi, des mouvements ont eu lieu, il y a même eu morts d’homme. Le syndicat est une question de légitimité, et la légitimité syndicale tient à la base. C’est la base qui donne la légitimité aux leaders syndicaux, le syndicat n’est pas une structure de l’État, Il n’est pas une institution étatique, le syndicat est une association. C’est une organisation non gouvernementale. Alors les membres se réunissent, désignent des dirigeants et ces dirigeants portent la voix des membres qui les ont élus.

Toute personne qui lance un mot d’ordre de grève, que ses collègues suivent ce mot d’ordre, cela fait de lui un syndicaliste. L’État qui a un devoir régalien d’assurer la sécurité, la stabilité de l’État, doit travailler avec tous ceux qui ont un petit pouvoir d’amener des troupes. À mon avis, il était extrêmement important que le gouvernement négocie avec M. Soumah et son équipe, pour avoir un consensus. Je retiens une phrase du président de la République, pendant la présentation des voeux, Le président a dit, quand il y a des critiques, je vous demande de ne pas regarder la tête de celui qui critique, mais la critique elle-même. Si la critique est fondée tenez en compte, si elle n’est pas fondée, abandonnez et continuez. Si, Soumah et son équipe ont des revendications, le gouvernement est obligé de négocier, que ce soit aujourd’hui, ou que ce soit demain, de toute façon, ça va se terminer par une négociation.

Pour parler des élections communales, le processus évolue vers la date du 04 février. Certains se posent aujourd’hui la question, par rapport à l’engouement que les populations expriment vis-à-vis de ces élections. Est-ce que vous, vous posez la même question ?

Oui, la population ne comprend pas très, très bien. Je pense que d’abord, c’est une nouveauté que les communales et les élections de quartiers soient confondues. Le citoyen en allant voter pour le maire, vote en même temps pour le chef de quartier etc…

Ça c’est une nouveauté. L’analphabétisme est très élevé et ça a fait que les gens ne comprennent pas tout ce qu’il est en train de faire. Mais qu’à cela ne tienne, c’est déjà une réussite d’aller vers ces élections locales le 04 février. Il y avait beaucoup de doute sur le maintien de la date. Maintenant, chaque jour qui passe, nous constatons que la tension monte, ça c’est inquiétant. C’est pourquoi, nous appelons l’ensemble des leaders politiques et les populations à faire preuve de retenue. Nous sommes en apprentissage, nous sommes une nouvelle démocratie, nous apprenons à marcher sur le chemin de la démocratie. Il est quand même fatal, que nous tombions souvent et que nous, nous relevions. Mais il est important que la CENI et le gouvernement prennent toutes les dispositions pour que les irrégularités soient maintenues à un niveau acceptable, parce que au-delà de l’acceptable, ça ne sera plus des irrégularités, ce sera de la fraude. Il faut éviter qu’il y ait la fraude. Parce que dans les États africains, là où la guerre est déclenchée, c’est à deux niveaux. C’est deux personnes qui créent la guerre, c’est le mauvais perdant et le mauvais gagnant.

Alors j’appelle tous les leaders politiques, à faire en sorte, pour qu’il n’y ait pas de fraude. Que personne n’ait recours à la fraude. Il va y avoir des irrégularités naturellement, mais que les candidats aient un discours d’unité nationale et de paix.

Une synthèse de  Baldé Mamadou Alpha (L’Indépendant)

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