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La chronique de Mamadou Dian Baldé : Communales 2018, les couteaux sont tirés

Le directeur de publication de L’Indépendant-Le Démocrate, Mamadou Dian Baldé a consacré sa chronique de ce dimanche, aux élections locales, qui s’annoncent sous des auspices pas tout à fait favorables. On sent l’adrénaline monter dans les états-majors des candidats, preuve que la bataille sera sans merci. Cette chronique est servie tous les dimanches sur City fm, en avant-première de l’émission « A vous de convaincre ».  

Talibé Barry: Mamadou Dian Baldé, scripte la scène politique, où il découvre que les gladiateurs de cette scène politique frappent fort, puisque personne n’épargne personne, finalement, et sa chronique s’intitule « communale 2018, les couteaux sont tirés ». 

Mamadou Dian Baldé : Oui, nous sommes à une semaine du scrutin électoral, et les dés semblent dorénavant jetés. C’est le moins qu’on puisse affirmer, vu la détermination de la commission électorale nationale indépendante (Ceni), d’être dans les clous. L’enjeu de ces joutes électorales est de doter la Guinée de conseillers, devant conduire les destinées des 342 communes urbaines et rurales que compte le pays.

À la grande satisfaction de la population qui ne cesse de réclamer, à cor et à cris, depuis 7 ans, la tenue des élections locales. Afin de se débarrasser de l’emprise des délégations spéciales, qui cornaquent nos communes avec les moyens du bord.

Sans aucune transparence. Le moment est venu de tourner définitivement la page de ces édiles d’un autre genre. Et, Talibé, je me garderai, néanmoins, de leur faire un procès en illégitimité. Car cela équivaudrait à tirer sur l’ambulance.

Dans cette dernière ligne droite qui s’annonce, les nerfs sont à fleur de peau, dans les états-majors des candidats. Et à mesure que l’on approche du but, la nervosité gagne la plupart des candidats et leurs camps. Et dans cette atmosphère, où chacun voit midi à sa porte, l’on ne se fait pas de cadeau. On voit ainsi des opposants s’étriper, se donnant en spectacle. C’est comme si nous avions à faire aux naufragés de la Méduse. Face à ce psychodrame, le parti au pouvoir boit du petit lait. Même si, le Rpg arc-en-ciel pourrait éprouver une joie de Marsal. Cette formation politique, qui n’est pas l’abri d’un vote sanction, face à la montée bien sûr du mécontentement populaire vis-à-vis des gouvernants.

Pour prévenir des violences à la faveur de ce scrutin, la société civile est à pied d’œuvre, à travers des campagnes de sensibilisation menées auprès des parties prenantes à ce vote du 04 février.

Alors Mamadou Dian Baldé, puisque vous, pour coller au titre de votre chronique, donc « les couteaux sont tirés », et vous, vous faites un focus sur deux hommes, qui sont justement le chef de file de l’opposition et le Haut représentant du chef de l’État, puisque chacun a décoché des flèches contre l’autre cette semaine.

Il faut souligner que les passes d’armes à fleurets peu mouchetés auxquelles nous avons assisté récemment, entre Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, par médias interposés, prouvent que l’opposition continue de s’enliser dans les ornières.

C’est Sidya Touré qui aurait ouvert les hostilités, en portant, le premier, les attaques, jugées ad personam, contre Cellou Dalein Diallo. C’était lors d’une interview accordée à la radio Espace, lundi dernier. Tribune dont a largement profité, le président de l’Ufr, pour agiter le chiffon rouge. En effet, le fait pour Sidya Touré d’avoir rappelé son rôle d’ancien patron tutélaire de Cellou Dalein Diallo, durant son passage à la primature de 96 à 99, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Sans oublier que le Haut représentant du chef de l’État a, dans sa complainte, affirmé, ne bénéficier, d’aucune rente de situation, contrairement au chef de file de l’opposition, qui est, lui grassement rémunéré par l’argent du contribuable.

Et dès le lendemain de cette sortie du leader de l’Ufr, comme la réponse du berger à la bergère, Dalein a donné la réplique. Lui, a choisi la radio Lynx fm, pour contre-attaquer.

Pour le président de l’Ufdg, son ancien allié n’a fait qu’ergoter. « Le problème de Sidya c’est Cellou. Il n’arrive pas à digérer que je sois désigné chef de file de l’opposition… », clash Dalein. Cette polémique qui repose en réalité sur des vétilles, conforte la thèse de ceux qui pensent que le feu couvait entre les deux hommes politiques, depuis un bon moment.

Il faut reconnaître qu’en tant que Haut représentant du président de la République, Sidya a du mal à convaincre l’opinion, que cette fonction n’a qu’un caractère bénévole. Sans avantages pécuniaires. Cet argument passe mal chez ses détracteurs qui disent qu’il ne s’est pas mis du côté du manche pour rien.

Donc, quant à Cellou Dalein Diallo, bien des gens voient dans cette affaire de subvention que lui confère son statut de chef de file de l’opposition, une duperie. C’est même, quelque part, devenu une source d’ennuis pour lui. Car après la friction que cette histoire de sous a provoquée au sein de l’opposition républicaine, qui a failli voler en éclat, on assiste depuis un certain temps à une guerre des mamelouks à l’Ufdg. Chacun voulant sa part du gâteau. Le chef de file a fait savoir toutefois, qu’on lui a coupé les vivres.

Talibé, cela ne surprend guère, quand on a un président de la République, qui tient à tirer une plus-value politique, dans tous les actes qu’il pose.

C’est comme si Alpha Condé voudrait pratiquer la politique du bâton et de la carotte, dans ses rapports avec son principal opposant.

Quant à savoir si cela va fonctionner ou pas ? That is the question.

Et justement, pour conclure cette chronique, vous voyez dans cette ambiance tristounette, qui renvoie à la scène politique, des signaux qui donnent à croire que les démons du passé reviennent presque dans un corps d’athlète. N’est-ce pas Mamadou Dian Baldé ?

Avec les élections locales qui déchaînent les passions, on assiste de plus en plus au retour des vieux réflexes de l’ère Conté. C’est comme si le Rpg arc-en-ciel avait emprunté les vieilles recettes du Pup, dans une logique de pérennisation du modèle de « politisation partisane », pour assurer « la subordination de l’administration au pouvoir politique ». C’est en quelque sorte, un retour en force de la « nomenklatura ».

Quand on voit tous les hauts cadres de l’administration, déserter leurs bureaux pour des raisons de campagne électorale, au profit simplement du parti au pouvoir. Avec tous les coûts que cela implique en termes de moyens matériels et financiers. Sans aucune garantie que la Cour des comptes, leur demandera des comptes, in fine.

Il faut noter que certains commis de l’État agissent à leur corps défendant. Soumis à la pression exercée sur eux, par des thuriféraires du régime, ils sont contraints, à défaut de rendre le tablier, de se mettre en quatre. D’ailleurs, Malick Sankhon, directeur général  de la Caisse nationale de la sécurité sociale (Cnss), qui est en même temps coordinateur général du comité régional d’appui aux élections communales pour la capitale, menace de régler des comptes à tout cadre qui ne mouillerait pas maillot le parti au pouvoir.

Le directeur général de la caisse, qui encourage les militants et partisans du RPG, à verser dans la médisance, sur les fonctionnaires qui refusent le panurgisme, a déjà mis dans la cagnotte, 150 millions de Fg, pour le compte de la seule commune de Dixinn.

À ce recours aux achats de consciences des électeurs, et au débauchage de certains opposants, le pouvoir allie le recours à l’intimidation voire à l’usage de la force. Comme cette interpellation du leader du parti Fidel, Mohamed Lamine Kaba, qui s’est déroulée récemment, du côté de Faranah, où il est candidat et tête de liste ; sur injonction de Moussa Condé, communément appelé « Tata vieux », ancien cacique du Pup, qui a tourné casaque. Ce qui lui a permis de bénéficier d’un strapontin dans le gouvernement d’Alpha Condé.

Heureusement que le tort fait à Mohamed Lamine Kaba, a été réparé, de la plus belle des manières. Le commandant de la gendarmerie de Faranah et l’un de ses subordonnés, ayant subi des sanctions disciplinaires, de la part du Haut commandement de la gendarmerie nationale.

Talibé, je dirai pour finir que, nous sommes donc face à une compétition électorale où l’opposition et les candidats indépendants vont devoir ferrailler avec un parti au pouvoir, qui veut faire feu de tout bois, pour rafler la mise.

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