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Violences à Mali: le gouverneur de Labé charge le Colonel Issa Camara

Le procès sur les violences perpétrées à  Mali se poursuit.  Ce lundi 22 janvier, le gouverneur de région était à la barre à titre de témoin. Sadou Keïta est largement revenu sur le déroulement des évènements. Une intervention qui accable terriblement le Colonel Issa Camara et cie .

« C’est le commandant du camp d’infanterie de Mali à l’époque qui est le seul responsable des faits », accuse-t-il.

Il a démenti plusieurs déclarations du colonel Issa Camara à la barre. Selon le gouverneur, lors de son séjour à Mali, il avait aperçu des militaires sortir du camp, fusil en mains, ils ouvraient le feu en direction du grand marché de la cité Loura. Malgré, dit-il, sa présence et celle du commandant de la deuxième région militaire.

« Un vendredi, monsieur le préfet de Mali m’a informé comme quoi, il y avait beaucoup de bruits autour de sa maison. Il y a la population qui exprime son mécontentement par rapport aux agissements du colonel. Il souhaiterait d’urgence mon intervention. Donc vers 17 heures déjà, je suis arrivé à Mali. C’est ainsi qu’on a compté 13 tirs et aussitôt un commerçant est venu me demander d’intervenir parce que ça n’allait pas. Il a fallu, tard, dans la nuit vers, 1 heure du matin pour que je puisse m’entretenir avec le colonel Issa Camara qui est finalement venu me voir. Je lui ai dit : est-ce que vous saviez que le gouverneur est à Mali ? Il a dit oui. Vous savez que je suis le Représentant du président dans la région administrative de Labé ? Il a répondu oui ;  vous savez que le commandant de la deuxième région militaire de Labé est là ?  Il a dit oui ; Avez-vous entendu des tirs’’ ? Il a également soutenu que oui en jurant par la Fatiya que ce n’est pas les militaires qui tirent.

Je leur ai dit qu’à partir de maintenant, je ne veux plus entendre de tir. J’avoue que depuis là, il n’y a pas eu de tirs, mais les cambriolages ont commencé à ce moment et j’ai reçu beaucoup de plaintes », a déclaré le gouverneur de région devant la cour du tribunal militaire spécial de Labé.

Le lendemain à 9 heures, j’ai invité la sécurité et le préfet afin qu’on aille ensemble visiter les boutiques vandalisées. On a visité les kiosques et véhicules vandalisés. Nous sommes allés vers la grande route et j’ai demandé au Vice-maire de préparer tout le monde pour une rencontre à la Maison des jeunes. De l’hôpital, avec le préfet, on va les rejoindre à la réunion. Après, nous sommes allé rendre visite aux malades. Car, j’avais appris qu’il y a une personne qui a été touchée par balle. Mais, le maire ma interpellée par la suite pour me dire qu’ils ne peuvent pas seuls aller avec les civils à la Maison des jeunes. Car, si les militaires les rattrapent ça peut être d’autres incidents comme les événements du 28 septembre 2009. C’est en ce moment que j’ai vu des militaires en train de tirer en l’air. Je leur ai demandé d’arrêter, mais des voix ont dit non dans les rangs des militaires. Je vous explique les choses telles qu’elles se sont passées.

À l’instant mon garde du corps a voulu m’obliger pour chercher un abri, j’ai dit non. Si c’est à Mali que je dois mourir, je vais mourir et le président apprendra mon décès. Mais je ne vais pas fuir. Avec la pression des uns et des autres, nous sommes rentrés dans la concession d’un imam… Quelques temps après, les tirs ont cessé et on est allé à l’hôpital où nous avons trouvé d’autres blessés. En ce moment comme les militaires n’obéissait ni aux autorités militaire et civile, j’ai donc  dit à mon ministre de tutelle que je ne peux plus gérer cette crise», a-t-il déclaré devant le tribunal militaire spécial.

Ensuite, j’ai reçu des consignes que j’ai partagées avec le commandant de la deuxième région militaire de Labé. Des consignes qui disaient d’arrêter celui qui a battu le jeune et de rentrer à Labé avec le colonel pour rencontrer le Chef d’Etat-major qui était déjà arrivé à Labé. Ainsi je l’ai fait savoir au colonel qui dit être déjà informé mais qu’il doit préparer ses troupes. Ensuite j’ai reçu une autre consigne qui nous demande d’attendre la nuit pour éviter d’autres crises. À 21 h00, j’ai dit au colonel qu’on va bouger et il a dit à vos ordres. Nous sommes allés entre Fougou et Yembering où nous avons eu une crevaison dans l’obscurité. On a changé de pneu et nous sommes arrivés à Labé à 1h 25. C’est à ce moment que le chef d’état-major m’a appelé pour le compte rendu. Ainsi, il m’a informé qu’il vient immédiatement à mon domicile pour nous rencontrer mais le colonel Issa Camara n’a pas voulu l’attendre. Car, dit-il, la rencontre doit se faire au camp. C’est ainsi qu’il est parti au camp », a expliqué le gouverneur de Labé qui n’a pas manqué d’exprimer sa déception vis-à-vis du comportement des militaires: «Moi, j’ai trouvé une situation extrêmement dangereuse à Mali. Voilà pourquoi on m’a applaudi à mon arrivée. Parce que les citoyens estimaient que le représentant du chef de l’État dans la région administrative allait rappeler son subordonné à la raison. Mais, malheureusement mon arrivée n’a rien pu changer à la situation ».

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