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Face à la crise d’électricité, voici ce que le gouvernement guinéen décide

La crise d’électricité qui sévit depuis des semaines en Guinée est loin de connaître son épilogue. Face à ce lancinant problème, le gouvernement guinéen s’est penché sur la question ce jeudi 4 janvier, lors du conseil des ministres. Voici ce qui en sort…

Le Ministre de l’Energie et de l’Hydraulique a fait une communication relative à la problématique de fourniture du carburant pour la desserte en électricité.

Il a précisé que EDG gère deux réseaux interconnectés. Ces deux réseaux sont alimentés par une capacité totale installée de 572,4 MW  dont : 365,4 MW en hydraulique et 207 MW en thermique, pour une capacité utile de 433,4 MW.

Le Ministre a expliqué que  les éléments  environnementaux  qui impactent négativement le niveau de production des barrages hydroélectriques sont entre autres : l’irrégularité de la pluviométrie, l’activité anthropique des populations détruisant le couvert végétal le long des cours d’eau et, de façon générale, le réchauffement climatique.

Il a affirmé que la combinaison de ces éléments se traduit par l’installation précoce de la période d’étiage d’où le recours aux centrales thermiques existantes comme c’est le cas actuellement.

Le Ministre a informé qu’en décembre 2017, la production thermique a représenté 50% de la production totale. Et cette part passera à environ 60% à partir de ce mois de janvier 2018 et ce, jusqu’à juin 2018. Ainsi, la consommation de combustible HFO est estimée pour 2018 à 1 061 milliards GNF contre 491 milliards GNF en 2017, soit une augmentation de 570 milliards GNF.

Le Ministre a attiré l’attention du Gouvernement sur le fait que les créances impayées de fourniture d’HFO à EDG-IPP  et capitales régionales avoisinent les 300 milliards GNF. En conséquence, le fournisseur principal de carburant, Star Oil a réduit drastiquement ses approvisionnements aux différentes centrales thermiques en service, ce qui se traduit par les délestages observés en ce moment sur les différents réseaux, allant jusqu’à 100 MW de puissance délestée.

Ce problème des créances impayées de Star Oil continuera de perturber la desserte si des solutions n’y sont pas apportées définitivement.

Le Ministre a décliné quelques  solutions envisageables, notamment :

  1.    La renégociation des prix avec les fournisseurs de carburant avec une garantie de paiement ;
  1.    La mise en place d’un crédit revolving de 30 millions de dollars USD sous financement de la BID.
  1.     L’accroissement de la capacité de stockage de HFO suffisante au regard des besoins croissants d’EDG.

Il a informé que le recours aux moyens de production thermique pèse lourdement sur les charges d’EDG. Ainsi, le coût moyen du Kwh produit par les centrales thermiques peut atteindre 3 627 GNF (40 cts USD) contre 956 GNF (10 cts USD) pour la centrale de Kaléta, pour un prix de vente moyen de 946 GNF.

Le Ministre a sollicité le soutien du conseil pour la résolution définitive du problème de fourniture de carburant à EDG. 

Au cours des débats, les observations essentielles ont porté sur :

–         La nécessité de poursuivre la mise en œuvre du programme de redressement de EDG en se focalisant sur les aspects relatifs aux réajustements tarifaires ;

–         L’installation compteurs prépayés ;

–   Le suivi du contrat de performance de EDG tout en identifiant clairement les postes de coûts susceptibles d’impacter négativement les tarifs de l’électricité ;

–         La nécessité de revoir les différents contrats de fourniture de carburant ;

–         La réhabilitation du réseau ;

–      La prise en compte des considérations commerciales impliquant le paiement effectif par les administrations publiques de leurs consommations ainsi que les autres clients en vue de réduire la subvention de l’Etat en faveur d’une rentabilité progressive des activités de EDG ;

–     La nécessité de mener des activités devant aboutir à des options relatives à l’utilisation du gaz par nos populations pour réduire la consommation du bois et du charbon afin de relever les défis environnementaux ;

–       La nécessité de définir une stratégie cohérente en vue d’envisager des solutions alternatives sur les types de carburants et d’énergies qui pourraient être consommés sur tout le territoire national ;

–         L’urgence de la réhabilitation des barrages hydroélectriques existants ;

–         Le manque de planning de gestion de la production et de la distribution.

Au terme des débats, le Conseil a demandé au Ministre de mettre en place un mécanisme susceptible d’instaurer le dialogue entre les parties prenantes et les décideurs afin de rehausser le niveau de prise de décisions en faveur de la mise en œuvre avec célérité des conclusions de l’étude diagnostique portant sur le redressement de EDG.

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