samedi 22 septembre 2018
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L’éditorial de Damantang Albert Camara : « La Dictature du Buzz »

Conakry, le 02 Janvier 2018 – Le 12 Décembre 2017, S’est produit un tournant historique et sans précédent dans les rapports entre pouvoir et opposition. Pour la première fois, la Loi de Finances a été adoptée à l’unanimité des députés présents dans l’hémicycle. Donc avec les voix de l’opposition. Il a malheureusement fallu que nous trouvions le moyen d’occulter cet événement exceptionnel en faisant de deux fautes de prononciation le buzz de cette fin de session parlementaire.

En lieu et place d’analyses, de débats ou de réflexions sur ce vote sans précédent, nous avons eu droit à des parodies, des reportages et des éditos sur la difficulté (simplement humaine après tout) de deux acteurs politiques à prononcer des chiffres. Comme le souligne un observateur : « Désormais, tout semble n’être perçu qu’à l’aune de sa capacité à générer du buzz, quitte à sombrer dans les méandres du néant. Le monde tourne comme si personne ne cherchait plus à s’élever, intellectuellement ou socialement, comme si le buzz et la célébrité, devenus une fin en soi, justifiaient tout et n’importe quoi et que la médiocrité était une forme de garantie pour accéder à la reconnaissance publique ».

Pourtant, l’acte posé par le groupe parlementaire des libéraux-démocrates mérite une attention particulière. Certes, et comme leur représentant l’a souligné, l’opposition a pris acte de ce que les députés de la mouvance ont été eux-mêmes très critiques sur le budget. C’est d’abord à ce titre qu’ils auraient décidé cette « solidarité parlementaire » de circonstances. Il faut cependant présager que cette position se traduise également par une plus grande vigilance de l’opposition dans la gestion de ce budget. En effet, en se joignant à la mouvance présidentielle pour valider la Loi de Finances version 2018, les députés du groupe libéral-démocrate en endossent la responsabilité morale. Ils se donnent ainsi le droit d’être plus exigeants qu’à l’accoutumée de sa correcte exécution.

Un débat sur cette nouvelle donne politique aurait sans aucun doute enrichi notre démocratie et notre gouvernance au moment où le Chef de l’Etat instruit le Gouvernement de trouver les voies et moyens d’absorber plus efficacement la moisson financière obtenue en Chine puis en France. Le dialogue Public-privé, dont l’amélioration a été débattue lors du « Guinée Business Forum » du 20 décembre dernier devra contribuer à atteindre cet objectif. Il en va de même de la décision du Conseil des ministres du 21 décembre de transférer la procédure de passation des marchés publics au niveau des départements ministériels.

Alors c’est vrai, une Loi de Finances qui réussit à mettre d’accord des adversaires farouches ça génère moins de « tweets » et de « like » qu’une confusion de chiffres dont se rend coupable un politicien. Mais c’est tellement plus important.

À l’occasion de cette nouvelle année, je formule mes vœux, les meilleurs, à l’ensemble de nos compatriotes où qu’ils se trouvent dans le monde. Que cette année apporte paix, santé et réussite dans la réalisation de nos entreprises collectives et individuelles. Bonne année 2018 !

La Cellule de Communication du Gouvernement

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