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Partenariat Afrique-UE: des jeunes plaident pour des emplois décents

En prélude au sommet Afrique-UE prévu en novembre à Abidjan, des jeunes guinéens ont formulé leur vis à vis de ce sommet. Plusieurs d’entre eux se sont prononcés, en faveur de l’entreprenariat jeune et l’émergence du secteur privé guinéen et étranger. Ils estiment, que c’est la meilleur façon de réduire le nombre de chômeurs en Guinée.

Sur une population de 12.093.349 en 2016, les jeunes constituent plus de la moitié. En 2016, la Banque mondiale a estimé à 7.420.783 le nombre de personnes dont l’âge varie de 0 à 24 ans. Une majorité fortement touchée par le chômage et la précarité. Plusieurs jeunes mêmes pétris de compétences, peinent à trouver un travail. Une situation, qui favorise des départs massifs. Désemparés et désespérés, ces jeunes se lance sur le chemin de l’immigration, dans l’espoir de construire une vie meilleure.

Selon l’organisation internationale sur la migration OIM, 13.342 jeunes guinéens sont arrivés sur le sol italien en 2016, contre 2.629 en 2015. Mais le chemin de l’immigration, est périlleux. Mamadou Aliou Diallo revenu de la Libye en juin 2017, a faillit y laisser sa vie.

« Je voulais partir en Europe, pour trouver un emploi et subvenir à mes besoins et ceux de ma famille. J’ai plus de 30 ans. Jusqu’à présent, il me faut demander mon plat quotidien à mes parents, alors que je dois pouvoir m’occuper d’eux. C’est cette honte, qui m’a poussé à partir », témoigne Aliou.

Dans cette situation de précarité, quelques uns parviennent à se tirer d’affaire. C’est le cas de Alsény Diallo. Diplômé en économie depuis 2011, il s’occupe d’ un bureau de transferts d’argent mis en place par son frère et lui.

« Mon frère et moi avons monté ce business il y a 4ans. Après mes études, j’ai fait plusieurs démarches pour trouver un emploi dans le privé comme dans le public, sans succès. Par la suite,  j’ai élaboré un business plan que j’ai soumis à mon frère qui est commerçant. A travers son réseau de client à l’extérieur et à l’intérieur du pays,  nous avons mis en place ce bureau de transfert d’argent. Chaque jour, des clients envois et reçoivent de l’argent de l’extérieur à partir de nos bureaux« , explique t-il.

Depuis, les affaires marchent. A travers cette entreprise, 20 autres jeunes ont trouvé de l’emploi.

S’appuyant sur les récentes violences à Boké, Naby Bangoura estime que l’une des questions fondamentales qui doit être discutée au sommet Afrique-UE, c’est bien la lutte contre la corruption.

« Prenez la situation de Boké, près de 14 sociétés minières pour une région. Mais les jeunes sont au chômage. Tous les jours, pendant qu’ils peinent à trouver le pain quotidien, d’autres se remplissent les poches avec les revenus des mines de Boké. Ils n’ont que la poussière à la fin. C’est écœurant. Nous attendons donc du sommet Afrique-UE, des décision fortes pour lutter contre l’enrichissement illicite. Que l’Union Européenne utilise ses moyens de pression, pour obliger les dirigeants africains à partager les richesses du pays, avec les citoyens. Ces revenus peuvent servir à ouvrir des usines, des entreprises viables pour plus d’emploi » , ajoute t-il.

Autre proposition, c’est celle de Abdoulaye Diabaté, jeune activiste de la société civile. Il propose la mise en place d’un fond d’ide à l’autonomisation de la jeunesse.

« Les montants faramineux que les pays occidentaux accordent comme prêt ou subvention au gouvernement, il serait mieux qu’ils les orientent vers des initiatives de jeunesse. Pour ceux qui veulent ouvrir des usines par exemple, l’Union européenne peut en fonction du projet, commander le matériel qu’il faut, jusqu’à  l’implantation de l’usine et son fonctionnement. Par la suite, le porteur du projet va rembourser les montants dû. Mais vouloir donner de l’argent aux dirigeants, c’est de les remplir les poches », rétorque un autre jeune.

Pour réduire le taux de chômage en Guinée, le jeune homme  mise sur le transfert des technologies et la venue des investisseurs étrangers.

« Quand les jeunes africains partent en Europe, ils travaillent dans des usines ou des entreprises. Pourquoi ne pas implanter ces mêmes usines et ses entreprises, avec la technologie qu’il faut en Guinée? Il suffit de former des jeunes à l’utilisation du matériel et de mettre à disposition les moyens nécessaires. En plus, les entrepreneurs européens, ont forcément envies d’explorer d’autres horizons. Il faut donc que les dirigeants guinéens, ouvrent les portent à ces investisseurs étrangers. Par ce que l’Etat guinéen à lui seul, ne peut pas employer tout le monde. Il faut qu’il ait des privés et une diversité pour sauver cette jeunesse. Je suis sûr que ça va marcher », dit-il.

Si rien n’est fait, de nombreux jeunes guinéens, risquent de périr sur le chemin de l’immigration.

Kadiatou Sow pour newsdeguinee.com

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