mercredi 21 février 2018
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Cuba: l’inhumation à Santiago, le dernier voyage (presque) anonyme de Castro

Après neuf jours de deuil national, les cendres de Fidel Castro ont atteint leur dernière destination. L’ancien président a été inhumé ce dimanche 4 décembre 2016 au cimetière Sainte-Iphigénie de Santiago de Cuba, ville où avait commencé la guérilla. Le père de la révolution rejoint ainsi sa figure de proue intellectuelle : le père de l’indépendance de l’île, José Martí. Une cérémonie restreinte, à l’image des dernières volontés du « Líder Máximo », qui souhaitait échapper au culte de la personnalité.

Ce dimanche à Cuba, c’est la fin de neuf jours d’hommages à Fidel Castro, décédé le 25 novembre dernier à l’âge de 90 ans. Ces neuf derniers jours, les cendres de l’ancien chef de l’Etat ont été promenées à travers tout le pays, dans une urne transportée en jeep sous bonne escorte.

Jalonné de Cubains ordinaires venus saluer le géant, le parcours refaisait à l’envers celui de 1959, lorsque Fidel Castro avait victorieusement rejoint La Havane après la chute de Fulgencio Batista. Santiago de Cuba est la capitale orientale du pays, l’une des plus anciennes cités de l’île et le « berceau » de la révolution.

Fidel Castro, qui n’a pas souhaité être enterré auprès de sa famille, rejoint ainsi le poète et homme politique cubain José Martí, fondateur du Parti révolutionnaire cubain en 1892. Mais aussi ses compagnons d’armes du 26 juillet 1953, morts lors du premier assaut avorté de la caserne de la Moncada.

Cette date, qui est devenue la fête nationale cubaine sous le règne des Castro, avait constitué les prémices de leur prise de pouvoir à La Havane quelques années plus tard. En rejoignant cette ville, Fidel Castro entendait ainsi sceller la place qu’il occupe désormais selon lui dans l’histoire de son pays, selon Stéphane Witkowski (voir le son ci-dessous).

Certains Cubains se sont levés très tôt ce dimanche matin dans l’espoir de pouvoir dire un dernier au revoir à leur « Comandante ». La presse, pour sa part, n’a eu aucun accès à la cérémonie, relate notre envoyée spéciale sur place, Véronique Gaymard. La cérémonie s’est déroulée, selon le communiqué, dans le cercle familial.

Seuls étaient présents les officiels cubains et quelques personnalités triées sur le volet, dont des représentants étrangers. Tout juste la télévision d’Etat a-t-elle retransmis quelques images de personnes. Ségolène Royal, déjà présente à un hommage la veille, représentait encore la France ce dimanche.

cuba

Castro ne voulait pas du culte de la personnalité

La ministre de l’Ecologie s’est confiée à la sortie : « Il n’y a pas eu de discours, c’était très sobre, il y a juste les cendres qui ont été mises en terre et la famille, le gouvernement, et ensuite tous les officiels, qui étaient là. » Ségolène Royal parle de funérailles avec « beaucoup de sobriété, de sérénité. »

La veille, samedi soir, lors dudit hommage en présence de Nicolas Maduro, Evo Morales, Lula ou encore Dilma Rousseff, parmi des dizaines de milliers de gens, Raul Castro a surpris tout le monde dans son discours, en annonçant le dépôt d’une loi pour éviter tout culte de la personnalité en faveur de son frère défunt.

C’était l’une des dernières volontés du vieil homme. Le Líder Máximo insistait pour qu’après son décès, « son nom et sa figure ne soient jamais utilisés pour baptiser des institutions, places, parcs, avenues, rues ou autres sites publics et que ne soient jamais érigés en sa mémoire monuments, bustes, statues et autres formes d’hommages. »

La nouvelle loi sera déposée par les autorités cubaines à l’Assemblée nationale. Mais devant des dizaines de milliers de personnes, Raul Castro a également juré de « défendre la patrie et le socialisme », ce qui reste une autre manière de perpétuer le mythe de feu Fidel Castro.

Pas de culte de la personnalité à proprement parler, soit, pour celui dont le nom et la figure reste néanmoins très présents sur les murs des villes de l’île. Les Cubains se disent d’ailleurs plus « fidelistes » que communistes.

En somme, ils n’ont peut-être pas besoin pour l’instant de plaques commémoratives ou de statues pour se rappeler de celui qui incarnait encore, il y a peu, une figure tutélaire. La révolution cubaine, c’est Fidel Castro. Or à Cuba, aujourd’hui encore, tout fait référence à cet idéal.

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