samedi 22 septembre 2018
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Présidentielle de 2017: après le retrait de Hollande, Valls en première ligne

Le très impopulaire président français, François Hollande, a annoncé qu’il renonçait à briguer un second mandat en 2017. Le chef de l’Etat explique vouloir éviter une déroute de son camp face à la droite et l’extrême droite. Un coup de théâtre inédit, à cinq mois du scrutin. Le Premier ministre Manuel Valls ne l’a jamais caché : il est prêt à se porter candidat.

C’est une séquence totalement inédite sous la Ve République, un président en exercice qui renonce à briguer un second mandat. C’est une première, un véritable moment d’histoire, émouvant et solennel. A 20 h jeudi soir, François Hollande est apparu en direct à la télévision sur fond bleu, cravate et costume noirs, la voix un peu blanche – légèrement éteinte, même. Et d’annoncer qu’il ne serait pas candidat en 2017, faute de pouvoir rassembler.

Une démarche « lucide » pour un président englué dans une profonde impopularité, et qui n’avait quasiment aucune chance d’être réélu en mai prochain. Mais une démarche également courageuse, qui permet d’ouvrir un espace à celui ou celle qui sera le mieux à même de qualifier la gauche pour le second tour de la présidentielle, face à Marine Le Pen et François Fillon. Dans la dernière ligne droite de son mandat, à cinq mois du scrutin, le président Hollande jette certes l’éponge, mais avec la dignité d’un homme d’Etat.

Plus de huit Français sur dix approuveraient la décision de leur président, selon un sondage Harris Interactive réalisé dans la foulée de l’annonce de François Hollande. Je porte un bilan, j’en suis fier et j’en assume toute la responsabilité, a-t-il dit en substance, replaçant son action dans le sillage de sa promesse présidentielle, « le redressement dans la justice ». Et de passer en revue la sécurité, l’accord sur le climat, la situation économique et sociale du pays, la loi Travail, le chômage… Un seul regret exprimé : avoir proposé la déchéance de nationalité.

Manuel Valls pour reprendre le flambeau ?

L’allocution présidentielle, annoncée moins d’une heure à l’avance, a été suivie avec expectative. Son contenu a pris quasiment tout le monde par surprise. Très peu, dans l’entourage proche du président, semblaient au courant de sa décision. Pas même Manuel Valls, qu’il aurait prévenu dans l’après-midi. Or, il ne fait désormais aucun doute que le bouillant Premier ministre, qui est allé ces derniers jours jusqu’à frôler la crise de régime dans son bras de fer avec le président, va se mettre en mouvement.

Ses intentions sont connues. Manuel Valls l’a dit plusieurs fois, il est prêt à se porter candidat. Ce sera donc à la primaire de la gauche. La question est de savoir quand il va annoncer qu’il se lance. Pour le moment, il n’a réagi que par communiqué, rendant hommage à l’action de François Hollande, saluant « un choix difficile, mûri, grave », « le choix d’un homme d’Etat ». « Je veux dire à François Hollande mon émotion, mon respect, ma fidélité et mon affection », écrit le chef du gouvernement, qui se garde bien d’annoncer quoi que ce soit pour l’instant.

« Ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre, je connais son courage, son sang-froid, celui d’un grand dirigeant, qui a su affronter des épreuves douloureuses pour la France. Il l’a fait avec un souci constant, protéger nos concitoyens, réformer notre pays, assurer son redressement dans la justice. L’action se poursuit et je ne doute pas que ce quinquennat sera apprécié à sa juste valeur : cinq années de progrès pour la France et les Français », ajoute Manuel Valls.

Au PS, Valls est loin de faire l’unanimité

Manuel Valls n’a rien changé de son programme de vendredi. Alors que le chef de l’Etat se rend à Abou Dhabi ce week-end, pour une conférence internationale sur la protection du patrimoine en péril, le Premier ministre est à Nancy. Il participe à un comité interministériel sur le handicap. Samedi, il clôturera par ailleurs le rassemblement socialiste de la Belle alliance populaire. Tous les regards sont tournés vers lui, mais il a jusqu’au 15 décembre pour se porter candidat à la primaire.

La bataille est lancée, et le plus difficile commence véritablement pour Manuel Valls, crédité de 9 % à 11 % seulement d’intentions de vote, selon des sondages réalisés avant l’annonce présidentielle. Dans les prochains jours, le Premier ministre pourrait démissionner. Difficile en effet d’être candidat à la primaire depuis Matignon. Pour la secrétaire d’Etat Juliette Méadel, pas de doute cependant : il reste « le mieux placé » pour représenter le Parti socialiste à la présidentielle.

Les autres candidats à la primaire ont, pour leur part, bien compris où se place désormais le curseur du débat : « On a maintenant probablement Manuel Valls qui sera candidat. Il a lui théorisé les  » gauches irréconciliables « . Il me semble qu’aujourd’hui, il ne peut pas incarner l’avenir de la gauche et c’est pour ça que je serai candidat », a par exemple déclaré ce vendredi l’ancien ministre de l’Education nationale, Benoît Hamon.

A gauche, une primaire encore bien indécise

« J’ai déploré que le Premier ministre dise qu’il y a des gauches irréconciliables. Notre travail, c’est précisément de nous conjuguer, de nous concilier, c’est exactement l’inverse », a également réagi Arnaud Montebourg, qui a d’ore et déjà déposé sa candidature et qui estime que « face au candidat ultralibéral (François Fillon, NDLR) il n’est pas possible d’avoir un candidat social-libéral ».

Dans les temps qui s’annoncent, le chef du gouvernement va donc devoir composer avec le bilan du quinquennat, face à un électorat très remonté. Dans la primaire, il risque de prendre tous les coups face à ses ex-ministres. Hors primaire, il y a aussi l’équation Emmanuel Macron, son ancien ministre de l’Economie. Sans parler de Jean-Luc Mélenchon. Il n’est pas dit, pour l’heure, que le chef du gouvernement soit assuré de passer l’étape de la primaire. Réponse les 22 et 29 janvier prochains.

Face à une droite en ordre de bataille, une extrême droit prête également, pendant son discours, François Hollande a évoqué le risque du « conservatisme », incarné selon lui par le projet de François Fillon, qui « met en cause notre modèle social et nos services publics » et risque « d’aggraver les inégalités ». Il a aussi évoqué le pire à ses yeux, une victoire de « l’extrémisme » et du « repli ». « Je ne suis animé que par l’intérêt supérieur du pays », a-t-il affirmé, appelant « tous les progressistes » à un « sursaut collectif ». Selon lui, la dispersion de la gauche « priverait de tout espoir de l’emporter ».

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