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Victimes du Camp Boiro: »c’est une période qui m’est difficile de conter » dit Baïdy Aribot fils d’une victime

Ce mardi 18 octobre marque la commémoration de l’an 45 de la fusillade de 1971 où 71 guinéens ont été tué par le régime Sékou Touré. Une occasion pour les familles des victimes de se rappeler de leur parents disparus. Le député Baïdy Aribot fils d’une victime se rappelle encore avec douleur dit-il, ces évènements. Il évoque les souvenir d’une enfance douloureuse.

Des souvenirs douloureux

« C’est une période qui m’est difficile de conter par ce que ça m’a beaucoup affecté  dans mon jeune âge(…soupir). Quand vous avez 10 ans, un mineur, et que devant vous, on a arrêté votre père et votre mère. (Soupir) et que devant vous, toute la famille a été mise dehors. La maison familial confisqué. Personne à l’époque n’osait dire que vous êtes leurs parents de peur de subir la même situation. Alors c’est resté en moi et c’est difficile de l’extirper sans avoir une pensée de vengeance.

« Je ne pouvait pas penser que des hommes pouvaient être assez stupide pour étouffer toute pitié à l’égard de leur semblable »

« Je pense qu’il faut aider cette mémoire collective à trouver un embonpoint pour permettre à la Guinée de partir de l’avant. Je ne pouvait pas penser que des hommes pouvaient être assez stupide pour étouffer toute pitié à l’égard de leur semblable franchement. Même si on ne perdait qu’une seule vie à l’époque, mais c’est une vie. C’est des êtres humains qui aimaient leur pays. Qui se sont battu pour l’indépendance de la Guinée. Et qui avaient besoin de considération en tant que fils de leur nation. Mais on ne leur a pas donné ce droit. Ils ont eu le sort qu’ils n’ont pas mérité. Pour extirper ce démon qui pèse sur notre pays en terme de malheur, il faut consacrer un temps de prière pour tous ceux qui ont perdu leur vie jusqu’à nos jours par le fait de la violence politique et des crimes d’Etat.

« Ce n’est pas le procès des pères fondateurs »

Nos parents se sont battus pour l’indépendance de ce pays, au sein du PDG. Ils ont accompagné l’ancien président dans ce combat. On ne pouvait pas renier le PDG en tant que parti libérateur.  C’est pas le procès des pères fondateurs qu’on est entrain de faire. On fait le procès d’un système qui a mis à l’eau le progrès de ce pays à travers des faits.

Des gens ont été fusillés, ils n’ont pas eu la chance de se défendre, ils n’ont pas eu la chance d’avoir une sépulture digne de foi en tant que musulman. C’est quand même grave pour un pays dont la civilisation recommande le respect des morts. Il ne faut pas appeler à une vengeance, aujourd’hui la démarche de la réhabilitation et de la vérité s’impose pour toute les victimes des crimes d’Etat dans ce pays.

A propos des évènements du 28 septembre 2009

C’est par ce qu’on a toujours ignoré notre histoire qu’on a tendance à répéter. Quand les gens arrivent au pouvoir, ils sont tenus par je ne sais quoi pour ne pas creuser notre histoire. Il faut qu’on ose affronter notre histoire. Il faut que le générations qui viennent après nous apprennent ce qui s’est passé avant notre indépendance, après l’indépendance et jusqu’à nos jours. Peut être que ça peut leur permettre de ne pas commettre les mêmes erreurs que leurs prédécesseurs.

Aux actuels responsables du PDG RDA

Il ne s’agit pas de parler d’une personne au sens individuel du terme mais d’un système qui a été animé par des personnes qui ont pu commettre de tels crimes. Alors quand j’entend des propos aussi inacceptables, aussi minables tenus par certains tenants du système de l’époque qui sont aujourd’hui membres du PDG,  ça m’écœure par ce qu’ils ne veulent pas comprendre que le pays n’a plus besoin de tels propos. Ce pays a besoin de réconciliation, d’apaisement. Et que en faisant l’apologie du crime dans un sens de falsifier l’histoire, ils commettent l’irréparable sur leurs descendances. Ce n’est pas bon.

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