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Gabon : démission du ministre de la Justice, colère des proches des disparus

C’est la première défection de haut niveau dans l’entourage d’Ali Bongo Ondimba. Séraphin Moundounga, également président du parti au pouvoir, a annoncé sa démission lundi, alors que la vie reprenait lentement à Libreville, et que les familles des personnes arrêtées cherchaient leurs proches.

Démission du ministre de la Justice

Séraphin Moundounga était pourtant jusqu’ici une des personnalités politiques les plus proches d’Ali Bongo, ce qui lui avait valu le poste de deuxième vice-premier ministre lors du dernier remaniement gouvernemental de 2014. Hier cependant, il a précisé qu’il démissionnait du PDG (Parti Démocratique Gabonais), le parti au pouvoir, en même temps que de ses fonctions de ministre.

Il a demandé le « recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote et procès-verbal par procès-verbal », parlant d’une paix gravement menacée au Gabon, et ajoutant au micro de RFI qu’il démissionnait « pour bénéficier de [sa] totale liberté, afin d’œuvrer avec le peuple gabonais à ce que la paix soit garantie dans le pays ».

Des proches en colère devant le palais de justice au début d’auditions

Plusieurs dizaines de personnes étaient regroupées lundi devant le palais de justice de Libreville dans l’espoir d’obtenir des nouvelles d’un proche introuvable depuis le début des violences post-électorales au Gabon, alors que le parquet doit commencer à mener les auditions de 800 personnes arrêtées la semaine dernière rien qu’à Libreville après des émeutes et des pillages, selon le ministère de l’Intérieur.

Dans l’enceinte du palais de justice, plusieurs personnes sont descendues d’un camion mains sur la tête pour être conduites sous surveillance policière vers l’intérieur du bâtiment, ont constaté des journalistes de l’AFP. Derrière les grilles, des dizaines de personnes espéraient apercevoir un fils, un frère, une sœur ou un mari, introuvables depuis l’explosion de violences au Gabon juste après la proclamation de la réélection d’Ali Bongo mercredi.

Les personnes interpellées sont détenues « dans des conditions dégradantes et insupportables », a dénoncé samedi le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Gabon, Jean-Pierre Akumbu M’Oluna, qui demande aux autorités judiciaires de « les traiter humainement ».

Bataille de chiffres autour du bilan des violences

Selon le ministre de l’Intérieur Pacôme Moubelet-Boubeya, les violences ont fait trois morts et 105 blessés, dont 67 parmi les forces de sécurité. Selon un comptage de l’AFP, sept morts sont à déplorer, dont un policier. Jean Ping a quant à lui estimé mardi sur France 24 que les violences avaient fait entre 50 et 100 morts.

Manuel Valls suggère un nouveau décompte des voix

Le Premier ministre français Manuel Valls a suggéré mardi au président gabonais Ali Bongo un nouveau « décompte » des voix de l’élection présidentielle contestée au Gabon, que « la sagesse commanderait ».

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault,  a également  exprimé « sa vive préoccupation » concernant une dizaine de compatriotes dont la France est sans nouvelles depuis le début des troubles. De source diplomatique, il s’agirait de personnes ayant la double nationalité franco-gabonaise.

De son côté, l’Union africaine  a annoncé qu’elle était prête à envoyer une délégation au Gabon. « Une délégation à haut niveau composée de chefs d’État africains, accompagnés par de hauts responsables de la Commission de l’UA et des Nations unies, est prête à être envoyée à Libreville, dès que les conditions pour une visite seront établies ».

Hier, la vie reprenait peu à peu dans les rues des principales villes gabonaises. Les banques, fermées depuis bientôt une semaine, ont rouvert. Les taxis collectifs circulent de nouveau. Les commerces ont également rouvert, souvent avec des rayons dégarnis. Mais l’internet, qui avait été partiellement rétabli lundi après une coupure totale de cinq jours, a été à nouveau coupé.

JA

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