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Soudan du Sud : Salva Kiir limoge cinq ministres proches de Riek Machar

Le président sud-soudanais Salva Kiir a congédié cinq ministres liés à son rival Riek Machar, selon un décret présidentiel publié mardi soir. Une décision susceptible d’exacerber les tensions qui minent l’application de l’accord de paix signé en août 2015.

Les ministres limogés ont été remplacés par des personnalités proches de Taban Deng Gai, chef d’une faction de l’ex-rébellion choisi par Salva Kiir pour remplacer Riek Machar au poste de vice-président.

Parmi les ministres écartés figure Mabior Garang (Ressources en eau), fils du héros de l’indépendanceJohn Garang et représentant de l’ethnie Dinka (dont le président est aussi issu) au sein de l’ex-rébellion, principalement composée de Nuer.

Peter Adwok, membre influent de l’ex-rébellion, a été limogé de son poste de ministre de l’Éducation. Il est membre de l’ethnie Shilluk, qui pourrait se sentir mise à l’écart à travers cette décision.

Également concerné par ce remaniement, le ministère du Pétrole (de loin la principale source de revenus du pays), est désormais aux mains d’Ezekiel Lul.  Les autres portefeuilles touchés sont le ministère du Travail, et du Logement et de l’Aménagement du territoire.

Un proche de Riek Machar maintenu au sein de l’équipe

Quittant également ses fonctions de ministre de l’Intérieur, Alfred Lado Gore, autre figure de l’ex-rébellion, est maintenu au sein du gouvernement, Salva Kiir l’ayant nommé à la tête du ministère de l’Aménagement du territoire. Une décision qui semble destinée à éviter une réaction hostile de la région de l’Équateur (sud), dont est issu le ministre.

Alfred Lado Gore est le vice-président du SPLM/SPLA-IO et était jusqu’alors considéré proche de Riek Machar, en fuite depuis l’éclatement de combats meurtriers (au moins 300 morts) entre ses forces et le camp de Salva Kiir à Juba, du 8 au 11 juillet. En réaction au remplacement de Riek Machar par Taban Deng Gai à la suite de cet événement, Alfred Lado Gore avait rappelé que l’ancien vice-président restait « le leader [du] mouvement. »

L’application de l’accord de paix mise en péril

Ces changements interviennent après la démission lundi de Lam Akol, ancien ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, qui a déclaré que « l’accord de paix (était) mort », en référence à l’accord signé le 26 août 2015 pour mettre fin à la guerre civile née des dissensions entre les factions de Salva Kiir et de Riek Machar.

Ce remaniement marque une nouvelle étape dans la mise à l’écart de Riek Machar et de ses sympathisants, et vient ainsi aggraver les tensions divisant l’ex-rébellion, réunie depuis fin avril au sein d’un gouvernement d’union nationale.

JA

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