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Etats-Unis: entre Trump et les républicains, il n’y aura pas eu de lune de miel

Donald Trump est-il en train de perdre du terrain après l’affaire de la famille Khan ? Si son parcours tonitruant invite jusqu’ici à la prudence, les deux derniers sondages donnent Hillary Clinton devant lui en novembre prochain : jusqu’à neuf points d’avance selon les instituts. Mais surtout, l’unité des républicains, depuis la fin de la convention de Cleveland, semble avoir volé en éclat.

Donald Trump croit-il désormais pouvoir se passer de la formation politique qu’il représente ? Lorsqu’il déclare au Washington Post qu’il ne soutiendra pas le président de la Chambre des représentants, dont le siège est en jeu dans l’Etat du Wisconsin, c’est un coup de tonnerre dans le ciel du Parti républicain. Un ciel déjà assombri ces derniers jours, rappelle notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio.

Non seulement le milliardaire n’aidera pas Paul Ryan dans sa campagne, mais il encourage de surcroît son adversaire Paul Nehlen, tendance Tea Party. Et le magnat de l’immobilier de faire aussi la liste de tous les élus républicains auxquels il n’apportera pas son soutien. Le sénateur John McCain par exemple, en Arizona. Ce dernier avait condamné le candidat à la Maison Blanche après ses propos dans l’affaire Khan.

Autre coup de tonnerre, hier encore le représentant républicain de New York, Richard Hanna, annonçait qu’il voterait pour Hillary Clinton. Deux consultantes républicaines influentes, proches de Jeb Bush et de Chris Christie, avaient déjà franchi le Rubicon et annoncé publiquement qu’elles voteraient Hillary Clinton.

Au Grand Old Party, Trump face au délitement

L’unité du Parti républicain a manifestement commencé à voler en éclat depuis la fin de la convention. Aux propos polémiques de Donald Trump pendant toute la campagne de la primaire sont venus récemment s’ajouter des déclarations mal acceptées sur la Russie ou sur l’Ukraine. Le candidat des républicains a également été rattrapé par le passé d’étudiante et de mannequin de sa compagne Melania.

Déjà, à Cleveland, le principal adversaire de Donald Trump dans la primaire, Ted Cruz alias « Ted le menteur », comme le surnommait le milliardaire pendant la campagne, avait jeté un froid, invitant les électeurs républicains à voter « selon leur conscience », s’attirant les sifflets d’une partie du public.

Autre signe traduisant une ambiance délétère chez les républicains ces derniers jours : la frilosité des donateurs traditionnels du parti, à commencer par les influents Charles et David Koch, manifestement peu enclins à financer la campagne du magnat. Ils ont annoncé qu’ils aideraient les conservateurs au Congrès, mais qu’aucun cent ne sera attribué au candidat présidentiel. Et Meg Whitman, patronne de Hewlett-Packard, traditionnel bailleur de fonds des républicains, a fait elle savoir qu’elle voterait pour Hillary Clinton en novembre et même qu’elle allait lever des fonds pour la candidate démocrate.

Course à la Maison Blanche : Clinton en tête

Dans les Etats clés pour la présidentielle, la tension monte. Un représentant de Pennsylvanie affirme publiquement qu’il ne soutiendra pas Donald Trump. Dans l’Ohio, le gouverneur John Kasich, qui était candidat à la primaire, a boudé la convention. En Floride, la famille Bush reste silencieuse mais agit en coulisse. Après l’affaire Khan, des sénateurs républicains de l’Arkansas, de l’Iowa ou encore de Caroline du Nord ont également marqué leur différence.

Après avoir joué des coudes avec son adversaire démocrate suite à la convention de Cleveland, le candidat républicain voit actuellement Hillary Clinton prendre une avance notable, profitant du traditionnel sursaut post-convention selon les derniers sondages. D’autant que la grand-messe démocrate à Philadelphie, lors de laquelle le milliardaire a pris beaucoup de coups de toutes parts, fut une opération rondement orchestrée et que leprésident Obama en personne est désormais dans la mêlée. Donald Trump a 100 jours pour redresser la barre.

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